Le luxe plus fort que les sanctions ? Les peaux de zibeline russes échappent aux restrictions de l'UE

Wait 5 sec.

Le nouveau train de sanctions adopté par l'Union européenne n'inclura finalement pas les peaux de zibeline en provenance de Russie, rapporte ce 27 juillet Euractiv. L'Italie et la Grèce, principaux acheteurs de cette matière première au sein de l'UE, ont obtenu le retrait de cette mesure lors des négociations, a indiqué un diplomate européen cité par le média sous couvert d'anonymat.D'après la source, les peaux de zibeline avaient été brièvement intégrées au paquet de sanctions avant d'en être retirées. La Commission européenne aurait estimé qu'une telle exception était nécessaire en raison de la position dominante de la Russie sur le marché mondial. Un responsable européen a expliqué qu'il semblait très difficile de se procurer ce type de fourrure auprès d'autres fournisseurs.Le zibeline, petit mammifère carnivore vivant dans les forêts du nord de l'Asie, est réputé pour la qualité exceptionnelle de sa fourrure. Celle-ci est utilisée depuis longtemps par les maisons européennes du secteur du luxe, certaines pièces pouvant être vendues pour plusieurs dizaines, voire centaines de milliers d'euros.Selon les données de la maison russe de ventes aux enchères Soyouzpouchnina, les entreprises grecques et italiennes figurent toujours parmi les principaux acheteurs de peaux de zibeline, aux côtés de sociétés chinoises et russes.En revanche, les produits finis en fourrure restent soumis aux restrictions instaurées en 2022. Leur importation dans l'Union européenne ainsi que leur exportation vers la Russie demeurent interdites dans le cadre des sanctions visant les articles de luxe. Cette même année, les fabricants grecs de fourrure avaient averti que ces mesures constitueraient un « arrêt de mort » pour leur secteur.L'an dernier, les analystes du système public russe de traçabilité « Tchestny Znak » ont indiqué que le manteau de fourrure le plus cher vendu en Russie était un modèle en zibeline, acheté pour 34 millions de roubles (soit 383 000 euros). L'identité de son acquéreur n'a pas été révélée.Le 23 juillet, l'Union européenne a adopté son 21e paquet de sanctions contre la Russie. Celui-ci comprend notamment des restrictions individuelles visant 218 personnes et entités, ainsi que des mesures touchant les secteurs de la finance, de l'énergie, du commerce et des cryptomonnaies. Les discussions ont toutefois été longues en raison des divergences entre plusieurs États membres, dont la Grèce. Selon des informations citées dans le texte, la Grèce, la France, l'Italie, l'Allemagne, l'Autriche et le Portugal avaient exprimé des réserves sur certaines dispositions, au point que l'adoption du paquet avait un temps risqué d'être reportée à l'automne.De son côté, la Russie juge les sanctions occidentales illégales. Le Kremlin a affirmé à plusieurs reprises que l'économie russe continuait de fonctionner malgré le grand nombre de sanctions imposées par les pays occidentaux et qu'elle avait développé une « certaine immunité » à leur égard.