France : neuf enfants d’Omar Bongo menacés d’un procès dans l’affaire des «biens mal acquis»

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Une nouvelle étape a été franchie dans l’enquête française sur les « biens mal acquis » constitués par des membres de l’ancienne famille dirigeante gabonaise. Le Parquet national financier (PNF) a requis, le 28 juillet, le renvoi devant le tribunal correctionnel de 18 personnes physiques et de cinq sociétés, soupçonnées d’avoir bénéficié de fonds publics détournés pour acquérir des biens immobiliers en France.Le dossier concerne principalement des membres de la famille Bongo, qui a dirigé le Gabon pendant plus de cinq décennies, de 1967 à 2023. Parmi les personnes visées figurent neuf des enfants d’Omar Bongo Ondimba, président gabonais de 1967 à 2009.Parmi eux, Pascaline Bongo, fille aînée de l’ancien président et ancienne directrice de cabinet, est poursuivie pour plusieurs infractions présumées, dont recel de détournement de fonds publics, blanchiment, corruption active et passive ainsi qu’abus de biens sociaux. Elle possède plusieurs appartements dans des quartiers prestigieux de Paris.Le réquisitoire du PNF cite également Omar Denis Junior Bongo, l’un des fils de l’ancien chef de l’État, ainsi que d’autres membres de la famille. L’ancien président Ali Bongo Ondimba, qui a succédé à son père entre 2009 et 2023, n’est toutefois pas concerné par cette procédure.Une ancienne Première dame et Sonia Rolland citéesParmi les autres personnes visées figurent Antoinette Sassou-Nguesso, épouse du président congolais Denis Sassou-Nguesso, ainsi que l’ancienne Miss France Sonia Rolland. Cette dernière avait reçu en 2003 un appartement à Paris offert par Edith Bongo, épouse d’Omar Bongo. Elle soutient qu’il s’agissait d’un simple « cadeau ».Le volet financier du dossier concerne également plusieurs sociétés. La banque BNP Paribas est soupçonnée d’avoir converti au moins 35 millions d’euros provenant d’activités présumées délictueuses. L’établissement bancaire conteste toute responsabilité, tout en reconnaissant qu’un de ses dirigeants avait évoqué devant les enquêteurs un « raté » dans les procédures de contrôle.Une société gabonaise spécialisée dans la décoration intérieure, Atelier 74, est également visée. Créée en 1987, elle aurait été chargée jusqu’en 2009 de rechercher et rénover des biens immobiliers pour la famille Bongo. Selon les éléments du dossier, elle aurait encaissé plus de 53 millions d’euros en espèces.Cinquante-deux biens immobiliers saisisDepuis l’ouverture de l’enquête préliminaire en 2010, après des plaintes déposées par plusieurs ONG en 2007 et 2008, la justice française a saisi 52 biens immobiliers appartenant ou liés à la famille Bongo.Les avocats des membres de la famille dénoncent depuis le début de l’affaire une procédure qu’ils considèrent comme politique, visant selon eux à confisquer des biens acquis légalement. La décision finale d’un éventuel procès revient désormais au magistrat instructeur chargé du dossier.