+28 milliards d’euros votés : les députés préfigurent des débats budgétaires tendus face à une économie à l’arrêt

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Alors que la France affiche un déficit abyssal et que les taux d’emprunt s’envolent, les députés de la commission des finances ont choisi d’ajouter massivement des crédits. Selon le décompte du rapporteur général Philippe Juvin, réalisé avant même la fin de l’examen, ce sont déjà plus de 28 milliards d’euros de dépenses supplémentaires par rapport à la copie gouvernementale. À titre de comparaison, le budget annuel de la justice ne dépasse pas 11 milliards d’euros.Une générosité ciblée qui ignore les économiesL’écologie a particulièrement bénéficié de la hausse : plus de 11,7 milliards d’euros supplémentaires. La France insoumise (LFI) a fait adopter un amendement de 1,1 milliard d’euros pour les trains de nuit, un autre d’un milliard pour les petites lignes ferroviaires et un troisième d’un milliard pour une « politique publique de mobilité inclusive ».Deux amendements portés par les Écologistes et LFI allouent deux milliards d’euros au programme énergie pour tripler le chèque énergie. La mission solidarités a vu son enveloppe progresser de 5,1 milliards, notamment par le rejet de l’économie de 600 millions sur l’allocation de rentrée scolaire.Le centre n’est pas en reste. Un amendement du député Denis Masséglia (Renaissance) a annulé l’effort demandé à l’audiovisuel public (près de 47 millions), dans un contexte de pression du monde du cinéma. Je porte des amendements pour défendre le cinéma d’animation en France et avec lui deux exemples à succès : les Minions et Flow ! https://t.co/l4zPqdzzT9— Denis Masséglia (@denis_Masseglia) October 29, 2026Le député Jean-René Cazeneuve a obtenu dix millions de plus pour les festivals. L’outre-mer (+2,3 milliards), la justice (+1,9 milliard) et le sport (+1,2 milliard) ont aussi été abondés.Techniquement, les élus ne peuvent voter de nouvelles dépenses sans les gager.Ils vident donc les enveloppes des missions suivantes et demandent au gouvernement de « lever le gage », c’est-à-dire de financer par le déficit. Les économies adoptées, elles, restent modestes : 426 millions sur la santé, essentiellement via un resserrement de l’aide médicale d’État, et dix millions sur le Haut-commissariat au Plan. Plusieurs missions ont vu leurs crédits purement et simplement rejetés, y compris celle servant à payer les intérêts de la dette. L’exécutif devra dès lors batailler dur pour obtenir un budget. Le ministre de l’Économie Roland Lescure a averti que « l’économie française est à l’arrêt » et ira « dans le mur » sans budget, n’excluant pas le recours au 49-3 ou aux ordonnances en cas d’échec du débat parlementaire.