Émeutes en France : «Une énorme ligne rouge a été franchie», alerte un ancien patron de la DGSE

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« Une fois lancé, le processus devient très difficile, pour ne pas dire impossible, à arrêter », a confié Pierre Brochand au Figaro, dans un entretien publié ce 26 octobre. L’ancien directeur général de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), en poste de 2002 à 2008, évoquait les pillages massifs de commerces survenus en marge de l’« Acte I » de la mobilisation contre la vie chère, le 17 octobre.« Tout ce qui se passe n’a rien de surprenant. Sauf, pour ceux, qui, par naïveté, hypocrisie ou idéologie, ont refusé de voir les nuées annonçant l’orage », a-t-il également déclaré, interrogé sur les propos du ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, qui avait qualifié les violences d’« inédites ».« "Inédit" ne veut pas dire "imprévisible" », a-t-il estimé, pointant les « processus pervers » engendrés par « l’avènement de la Société des Individus, il y a 50 ans ». Selon lui, cette évolution aurait conduit à des doctrines de maintien de l’ordre et à une réponse judiciaire déconnectées de la « disproportion » des violences et du « sentiment d’impunité » qui, à ses yeux, caractérise les émeutiers. « Notre société s’est auto désarmée, en sabordant le régalien », a-t-il fustigé.Le dispositif sécuritaire « aura du mal à reprendre la main »Le haut fonctionnaire est notamment revenu sur la situation à Marseille, où, selon les chiffres de la préfecture des Bouches-du-Rhône, quelque « 30 000 pilleurs » auraient pris d’assaut le centre-ville. « Une énorme ligne rouge a été franchie : les dévaliseurs de magasins ont découvert ce qu’ils n’avaient pas encore pleinement mesuré, à savoir que la voie d’une curée leur était grand ouverte », a prévenu Pierre Brochand.Pour ce dernier, ces violences ne sauraient être réduites à une simple délinquance opportuniste. « Ceux que l’on appelle, par commodité, des "racailles" ne sont pas que cela. Il y a, derrière leurs actes, une motivation, tout aussi politique que celles de l’ultra gauche : reprendre, sur le tas, à l’ancien colonisateur, ce dont celui-ci aurait dépossédé leurs ancêtres », a-t-il développé. Il a également dénoncé ce qu’il présente comme une « coalition de minorités » entre des jeunes de quartiers issus de l’immigration extra-européenne et les « escadrons de la gauche activiste ».« Ces éruptions ont déjà eu lieu. Elles devraient se reproduire, avec une fréquence et une intensité accrue », a-t-il prédit. Évoquant les événements du 24 octobre, il a estimé que, « même ainsi renforcé, le dispositif aura du mal à reprendre la main, face à des révoltés, qui ont professionnalisé leurs tactiques et, notamment, intégré la dispersion et la mobilité, comme facteurs déterminants de la saturation adverse ».