La France veut étendre sa présence nucléaire en Europe avec des avions de combat déployés dans dix pays

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La France cherche à étendre la présence de ses forces nucléaires en Europe dans le cadre d’une initiative visant la Russie, rapporte le Wall Street Journal le 25 octobre. Baptisé « dissuasion avancée » par Emmanuel Macron, ce projet prévoit le déploiement de chasseurs Rafale capables d’emporter des missiles nucléaires dans plusieurs pays européens.Cette initiative s'inscrit dans la doctrine présentée par Macron en mars 2026, sur fond d'incertitudes concernant les garanties de sécurité américaines. Elle prévoit également la création de nouvelles infrastructures militaires, de systèmes d'alerte précoce, de communications sécurisées et de mécanismes de partage de renseignements entre Paris et ses partenaires.Dix États participent aux discussions à des degrés divers : le Royaume-Uni, l'Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas, la Pologne, la Grèce, la Finlande, la Norvège, la Suède et le Danemark. La France a constitué un groupe de coordination distinct pour chaque pays et privilégie les négociations bilatérales. L'Italie a refusé de rejoindre l'initiative, tandis que les trois pays baltes n'y participent pas.Le projet vise, selon ses promoteurs, à créer une « incertitude stratégique » pour Moscou. Lors d’une conférence à Varsovie, Xavier Chatel, conseiller de Macron pour les affaires stratégiques, a expliqué que cette approche obligerait la Russie à prendre en compte un facteur supplémentaire dans ses calculs militaires. Elle offrirait également à Paris davantage de possibilités de disperser ses forces nucléaires en cas d’escalade.Un dispositif nucléaire contrôlé par ParisCette extension envisagée du dispositif français ne s'accompagne toutefois d'aucun partage du pouvoir de décision. La France conservera seule le contrôle de son arsenal nucléaire et de son éventuel emploi. Macron a affirmé que les intérêts vitaux français possédaient une dimension européenne, sans offrir pour autant de garantie explicite de protection à ses partenaires.Le président français a également annoncé une augmentation du nombre d'ogives nucléaires, tout en décidant de ne plus communiquer publiquement la taille de l'arsenal national.Les conditions de participation restent par ailleurs à préciser. Le président finlandais Alexander Stubb a exclu tout stationnement d'armes nucléaires en Finlande. Le chef de la diplomatie norvégienne, Espen Barth Eide, a souligné que cette initiative viendrait compléter les garanties nucléaires américaines, sans les remplacer.Moscou dénonce les risques liés au renforcement nucléaire européenLes projets français avaient déjà suscité des avertissements de la Russie. Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Alexandre Grouchko, avait prévenu que Moscou prendrait en compte tout éventuel déploiement nucléaire français sur le territoire d'États européens dans sa planification militaire.Le diplomate avait également averti que les sites susceptibles d'accueillir de telles armes pourraient devenir des cibles prioritaires pour les forces russes en cas de conflit majeur.L'ambassadeur russe en Allemagne, Sergueï Netchaïev, avait de son côté qualifié le renforcement du « parapluie nucléaire » européen de menace stratégique directe. Il a souligné la nécessité de prendre ces projets en compte dans la planification politico-militaire russe.Ces avertissements interviennent alors que Moscou dénonce depuis plusieurs années le renforcement des capacités militaires de l'OTAN à proximité de ses frontières. La Russie considère cette évolution comme un risque pour sa sécurité, tandis que l'Alliance tente de présenter ses initiatives comme des mesures de dissuasion.