L’armée jordanienne a mené, lundi 26 octobre, plusieurs frappes aériennes dans le sud de la Syrie, en représailles à l’attaque qui a fait, vendredi, neuf morts et 25 blessés dans une église orthodoxe du gouvernorat de Karak, en Jordanie. Baptisée « Dissuasion jordanienne – Hamoud », l’opération a visé des positions de groupes armés que les autorités d’Amman accusent d’entretenir des liens avec les auteurs de l’attentat. BREAKING | Jordan launches airstrikes on Deraa, southern Syria, in retaliation for Friday’s deadly Karak church massacre, according to the Jordanian army. Syrian health officials and sources say the strikes killed at least 7 civilians, including women and children. https://t.co/QGJ1yHCQqY— The Cradle (@TheCradleMedia) October 26, 2026Selon l’armée jordanienne, les bombardements ont détruit plusieurs installations et équipements, tout en faisant des morts et des blessés parmi les combattants visés. Damas conteste toutefois les conséquences présentées par son voisin. Les autorités sanitaires syriennes ont fait état d’au moins huit civils tués dans la province de Deraa, notamment des femmes et des enfants. Le gouvernement syrien affirme par ailleurs que les frappes ont été réalisées sans coordination préalable, malgré les déclarations jordaniennes suggérant le contraire.Une frontière non sécuriséeLes frappes surviennent trois jours après l’attaque de l’église Saint-Georges, dans le village de Hamoud. Trois hommes armés avaient ouvert le feu sur les fidèles rassemblés pour des funérailles. Le 26 octobre, les forces de sécurité jordaniennes ont annoncé leur arrestation après plusieurs heures d’affrontements. Les suspects, deux frères et leur beau-frère, sont tous de nationalité jordanienne. Les autorités les présentent comme des extrémistes religieux, sans pour autant avoir établi publiquement leur appartenance à une organisation terroriste précise.Les événements ravivent les préoccupations sécuritaires à la frontière syro-jordanienne, où Amman redoute depuis des années les activités de groupes armés et les trafics transfrontaliers. Ils risquent aussi de fragiliser les relations entre les deux voisins, alors que Damas a annoncé la fermeture du poste-frontière de Nassib et l’ouverture d’une enquête sur les bombardements. Des échanges diplomatiques sont néanmoins engagés pour tenter de contenir les tensions.