Interrogé par RT en français, le président comorien Azali Assoumani a estimé que le dossier de Mayotte dépassait la seule question de souveraineté : « Pour nous, l’intégrité, la souveraineté, c’est une question de sécurité. » Pour étayer son propos, il est remonté aux tentatives de coup d’État menées par le mercenaire français Robert Denard : « Les trois fois que Bob Denard est venu à Moroni, c’est un Français, ce n’est pas un Mahorais, mais il est passé par Mayotte. »Le chef de l’État a souligné que les habitants de l’île n’étaient pas des adversaires mais « des victimes », en ajoutant : « On choisit l’ami, on ne choisit pas le frère, on ne choisit pas le voisin. » Il a rappelé qu’en 50 ans d’indépendance, le contentieux n’a jamais provoqué de rupture diplomatique entre Moroni et Paris, les deux capitales conservant chacune une ambassade. Selon lui, un règlement servirait aussi la France : « Si la France a quatre îles unies, c’est mieux plutôt qu’avoir une île et trois îles contre. »Reconnaissant que le passage du statut de territoire d’outre-mer à celui de département complique les choses, Azali Assoumani n’en reste pas moins optimiste et exclut toute autre voie que la discussion. D’après lui, la solution « passe par le dialogue ». « Reste à en définir le rythme : “Est-ce que c’est nous ? Est-ce que c’est vous ? Est-ce que c’est le petit-fils ?” Mais on nous espérait que ça, il y aurait une solution. C’est que j’espérais que je sois vivant pour voir ça », a-t-il constaté.Le différend territorial concernant Mayotte constitue un conflit international de longue date entre la France et l’Union des Comores. Paris administre Mayotte en tant que département français, à la suite d’un référendum organisé auprès des habitants de l’île en 2009, tandis que Moroni la considère comme un territoire occupé.