Alors que l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC) a franchi le seuil des 10 000 cas confirmés et des 5 000 décès, plusieurs pays africains renforcent leur riposte face au risque de propagation du virus. Dans une évaluation publiée le 2 novembre, les Centres américains pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) ont présenté trois scénarios possibles d’évolution de l’épidémie provoquée par le virus Bundibugyo au cours des trois prochains mois, jusqu’en janvier 2027.Le scénario A prévoit une maîtrise rapide de l’épidémie, accompagnée d’une nette diminution des nouveaux cas. Le scénario B envisage une poursuite de la transmission, avec plusieurs foyers importants et un nombre de nouvelles infections qui ne diminuerait pas sensiblement. Enfin, le scénario C décrit une épidémie durable et de grande ampleur, marquée par une transmission intense dans plusieurs régions de la RDC, une extension géographique progressive et un risque accru de propagation aux pays voisins.Selon les CDC, aucun indicateur ne correspond actuellement au scénario A. Au 2 novembre, le scénario C apparaît comme le plus probable, même si plusieurs indicateurs restent compatibles avec le scénario B. L’agence américaine souligne toutefois les importantes incertitudes entourant cette évaluation, notamment en raison de lacunes dans les données relatives à la progression de l’épidémie et à la proportion de cas détectés et isolés.Surveillance sanitaire renforcée dans plusieurs pays africainsAu Cameroun, les autorités ont renforcé les mesures de prévention aux points d’entrée du territoire. Le 2 novembre, le ministre de la Santé publique, Manaouda Malachie, a inspecté les installations sanitaires de l’aéroport international de Douala, désormais dotées de nouveaux équipements de surveillance, de détection thermique et d’intervention médicale. Ces dispositifs visent à identifier rapidement les voyageurs présentant des symptômes suspects, à organiser leur prise en charge et à prévenir une éventuelle introduction du virus dans le pays.Au Nigeria, où un premier cas d’Ebola a été confirmé le 20 octobre, les autorités sanitaires ont identifié 62 personnes ayant été en contact avec la patiente infectée et les ont placées sous surveillance. Aucun nouveau cas confirmé n’avait été signalé au 2 novembre.De son côté, l’Ouganda a mobilisé, avec l’appui de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 34 agents de terrain dans 31 districts à risque, notamment celui de Ntoroko, frontalier de la RDC. Leur mission consiste à renforcer la détection des cas, le suivi des contacts, la prévention des infections et la sensibilisation des communautés locales. Le pays a également consolidé ses capacités de surveillance et de réaction aux alertes sanitaires afin de prévenir de nouvelles chaînes de transmission.Le Togo a également renforcé son dispositif sanitaire après la confirmation du cas d’Ebola au Nigeria. Les mesures concernent notamment les aéroports, les ports et les postes-frontière terrestres, où la surveillance des voyageurs a été intensifiée. Les autorités ont mobilisé des équipes sanitaires, renforcé les mécanismes d’alerte et prévu des actions de sensibilisation pour faciliter l’identification et la prise en charge rapides des cas suspects. Aucun cas d’Ebola n’avait été officiellement signalé dans le pays lors de l’annonce de ces mesures.