Le Nasdaq 100, qui regroupe les principales entreprises non financières cotées au Nasdaq, a vu sa capitalisation boursière fondre de quelque 2 000 milliards de dollars en octobre. Au 30 octobre, l’indice avait déjà reculé de plus de 5,8 %, sur fond d’inquiétudes concernant les investissements massifs dans l’intelligence artificielle (IA).La baisse a également touché d’autres indices américains. Le Nasdaq Composite a terminé le mois en recul d’environ 5,2 %, sa plus mauvaise performance depuis mars 2025. Le 30 octobre, il a chuté de 2,9 %, tandis que le S&P 500 a perdu 1,2 % sur l’ensemble du mois.Plusieurs géants technologiques ont subi de lourdes pertes. Alphabet, maison mère de Google, a vu son action plonger de 12,6 % le 29 octobre, effaçant près de 500 milliards de dollars de capitalisation boursière. Amazon a également reculé, tandis que le fabricant de semi-conducteurs Intel a perdu 28,6 % en une séance, après des prévisions de bénéfices décevantes.Des dépenses record pour une rentabilité encore incertaineCette chute intervient alors que les grandes entreprises américaines multiplient les investissements dans l’IA, sans garantie de rentabilité rapide. Microsoft, Meta, Amazon et Alphabet devraient ainsi consacrer ensemble plus de 700 milliards de dollars à leurs infrastructures et à d’autres investissements à long terme en 2026, dont une grande partie liée à cette technologie.Cette course aux investissements dépasse les seuls géants américains. À l’échelle mondiale, JPMorgan estime que les dépenses consacrées à l’IA pourraient atteindre 900 milliards de dollars la même année.Les derniers résultats financiers ont toutefois renforcé les inquiétudes. Le bénéfice net d’Alphabet a reculé de 25 % sur un an. Malgré une hausse de 12 % de ses recettes publicitaires liées à la recherche, Google reconnaît que son mode de recherche utilisant l’IA génère moins de revenus par requête que les résultats traditionnels.Amazon fait face à des difficultés similaires sur le plan des investissements. Le groupe a enregistré un flux de trésorerie disponible négatif de 42,4 milliards de dollars sur douze mois, notamment en raison des sommes consacrées à l’IA. Ces résultats alimentent les interrogations des investisseurs sur les bénéfices que ces dépenses pourront réellement générer.L’endettement, une inquiétude supplémentaireÀ ces incertitudes s’ajoute la question du financement. Pour poursuivre leur expansion, plusieurs géants technologiques recourent davantage à l’emprunt, alors que les coûts de financement augmentent. Microsoft envisagerait notamment de lever quelque 25 milliards de dollars sur le marché obligataire américain.Cette dépendance croissante aux financements extérieurs suscite des inquiétudes, les entreprises devant supporter des charges supplémentaires sans certitude sur la rentabilité de leurs investissements. Les résultats restent néanmoins contrastés : Microsoft commence à tirer profit de certains projets liés à l’IA, tandis qu’Amazon et Meta affichent une croissance solide de certaines activités.Les analystes restent prudents face à ces incertitudes. Michael Hartnett, stratégiste chez Bank of America, estime que la faiblesse des marchés pourrait se prolonger jusqu’à la mi-novembre. Les prochains résultats financiers des géants technologiques seront donc particulièrement scrutés. Les investisseurs attendent désormais des preuves de rentabilité à la hauteur des milliards engagés dans l’IA.