Le président finlandais Alexander Stubb a souligné, le 31 octobre, l’importance de son entretien téléphonique avec Vladimir Poutine, qu’il a présenté comme un tournant dans les contacts avec la Russie. Interrogé par la chaîne publique finlandaise Yle, il a jugé cette conversation utile pour entendre directement les explications du président russe sur le conflit ukrainien et les perspectives de règlement.L’appel avait eu lieu le 27 octobre, avec la participation du Premier ministre norvégien Jonas Gahr Store. Les deux dirigeants nordiques avaient pris l’initiative de contacter Moscou à la demande de Kiev. Pour Stubb, il s’agissait de son premier échange avec Poutine depuis son entrée en fonction. Cette conversation leur a également permis de transmettre des messages de la partie ukrainienne et d’interroger le président russe sur les négociations envisagées à Abou Dhabi.Au cours de l’entretien, Vladimir Poutine a rappelé qu’un règlement durable du conflit nécessitait la prise en compte des intérêts légitimes de la Russie. Il a également mis en cause les politiques menées par les pays de l’Union européenne et de l’OTAN, estimant qu’elles contribuaient à prolonger les hostilités. Les discussions ont par ailleurs abordé la sécurité en Europe du Nord et en mer Baltique, deux questions importantes pour les relations entre Moscou et ses voisins.Dialoguer avec Moscou malgré les désaccords européensDéfendant sa démarche, Stubb a rappelé que la Russie resterait une voisine de la Finlande et que les contacts entre les deux pays devraient, à terme, reprendre. Il a néanmoins précisé qu’Helsinki ne cherchait pas à jouer un rôle de médiateur dans le conflit et maintenait son soutien à Kiev.Le dirigeant finlandais a également souligné les différences entre les approches de Washington et de Bruxelles envers Moscou. Selon lui, les États-Unis privilégient leur rôle d’intermédiaire dans les négociations, tandis que l’Union européenne applique une politique de sanctions plus stricte à l’égard de la Russie.Cette initiative a toutefois suscité des critiques au Danemark et en Suède, dont les dirigeants ont exprimé des réserves sur ce contact direct. Stubb a assuré que Kiev et plusieurs partenaires européens avaient été informés des échanges. De son côté, Vladimir Poutine a réaffirmé sa disposition à soutenir les démarches visant à rétablir des relations de coopération avec les pays européens.Le président finlandais a par ailleurs démenti les informations du Financial Times selon lesquelles Vladimir Poutine aurait consacré une grande partie de la conversation à un exposé sur l’histoire médiévale slave. « Cela ne correspond pas à la réalité », a-t-il déclaré à Yle. Les autorités norvégiennes avaient également contesté cette version des faits et demandé au quotidien britannique de rectifier son article.