Missiles proches de leur date d’expiration et financements bloqués : Kaja Kallas face aux limites du «soutien indéfectible» de l’UE à l’Ukraine

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Kaja Kallas a reconnu le 1er septembre, à l'ouverture de la réunion informelle des ministres de la Défense de l'UE en Irlande, que le manque de missiles intercepteurs constituait désormais le principal problème pour la défense aérienne ukrainienne. Alors que Kiev continue de demander de nouvelles livraisons, les réserves disponibles en Europe restent limitées.Bruxelles tente donc de mobiliser les stocks encore détenus par les États membres. Kallas a indiqué que certains pays disposaient de missiles dont la durée de stockage arrivait bientôt à expiration et les a appelés à les transférer à l'Ukraine. « Le principal problème de l'Ukraine, ce sont les missiles pour la défense aérienne », a-t-elle déclaré.Faute de réserves suffisantes au sein du bloc, l'UE cherche également des intercepteurs auprès de pays tiers. Kallas a toutefois reconnu que ces démarches restaient difficiles. Dans le même temps, les capacités industrielles européennes ne permettent pas de produire rapidement les volumes de nouveaux missiles recherchés par Kiev.Les efforts se concentrent dès lors sur les États qui conservent encore des réserves. L'Espagne et la Grèce sont notamment sollicitées pour céder des missiles destinés aux systèmes Patriot. Athènes reste toutefois réticente à réduire ses propres stocks, qu'elle considère nécessaires à sa défense.6,6 milliards d’euros toujours bloquésLes difficultés européennes ne concernent pas seulement les munitions. Kallas a également indiqué que 6,6 milliards d'euros de la Facilité européenne pour la paix (FEP) restaient bloqués depuis 2023 en raison de désaccords entre les États membres.Bruxelles n'est toujours pas parvenue à régler la question de la répartition de cette enveloppe. Les discussions portent notamment sur la part qui pourrait être consacrée à l'Ukraine et celle qui reviendrait aux pays de l'Union.Les ministres ont parallèlement abordé la coopération entre les industries de défense européennes et ukrainiennes, l'utilisation du crédit européen destiné à Kiev ainsi que la poursuite des livraisons militaires.Aucune décision concrète en IrlandeMalgré ces discussions, aucune décision opérationnelle n'était attendue à l'issue de la réunion. « C'est une réunion informelle, nous ne prenons donc aujourd'hui aucune décision concrète », a déclaré Kallas.La rencontre survient ainsi alors que l'UE peine toujours à réunir les missiles demandés par Kiev, que ses capacités de production restent insuffisantes à court terme et que plusieurs milliards d'euros demeurent bloqués par les divergences entre les États membres.Moscou souligne de son côté depuis le début du conflit que l'augmentation des livraisons occidentales d'armements à l'Ukraine ne favorise pas un règlement et contribue au contraire à prolonger les hostilités. La Russie considère également que les cargaisons d'armes occidentales destinées aux forces ukrainiennes constituent des cibles légitimes pour son armée.