La Commission européenne a commencé à préparer un nouveau texte législatif consacré aux conséquences du développement des locations de courte durée dans les pays européens, rapporte ce 30 août le Financial Times. Le projet doit notamment définir des critères permettant aux villes et aux régions d'imposer des restrictions proportionnées à l'utilisation de logements par l'intermédiaire de plateformes comme Airbnb.Le marché de la location de courte durée est aujourd'hui au centre de nombreux différends juridiques entre les acteurs du tourisme et les autorités locales. À l'échelle de l'Union européenne, ces locations ne représentent que 1,2 % du parc résidentiel, selon les données du Centre commun de recherche (JRC). Une proportion toutefois nettement plus élevée concernant certaines destinations touristiques : à Sorrente en Italie, à Dubrovnik en Croatie, ou dans les îles Canaries, elle peut atteindre 20 %.Les autorités locales estiment que l'afflux de touristes réduit l'offre de logements disponible pour les habitants et contribue à la hausse des prix. Plusieurs villes ont déjà adopté leurs propres mesures. Paris applique notamment un système de licences ainsi que des limites au nombre de nuits pendant lesquelles un logement peut être loué. Barcelone prévoit pour sa part de mettre fin à la location d'appartements aux touristes d'ici 2028.Une partie de ces dispositifs fait toutefois l'objet de recours devant les tribunaux. Les propriétaires concernés soutiennent que certaines restrictions portent atteinte à la liberté de fournir des services, qui est protégée par le droit de l'Union européenne.L'une des principales difficultés concerne la définition juridique du caractère « proportionné » des mesures adoptées. L'absence de critères suffisamment précis alimente les désaccords sur les limites que les autorités locales peuvent imposer aux locations de courte durée.Selon Eurostat, les prix de l'immobilier dans l'Union européenne ont augmenté de près de deux tiers entre 2015 et 2025, à un rythme supérieur à celui des revenus des ménages. Une étude du JRC établit par ailleurs un lien entre le développement des locations de courte durée et l'augmentation des prix du logement, notamment sur le marché de la vente immobilière.Les représentants du secteur touristique contestent cependant l'efficacité de restrictions plus strictes. Airbnb affirme que de telles mesures auraient un effet limité sur les prix du logement tout en entraînant des conséquences économiques importantes pour les villes. L'Association européenne des maisons de vacances, de son côté, met en avant d'autres facteurs affectant le marché immobilier. Elle souligne notamment qu'environ 20 % des logements en moyenne restent vacants au sein de l'Union européenne.