Face à l’afflux massif de colis issus des plateformes asiatiques de fast fashion, l’industrie textile européenne monte au créneau. Réunies au salon Première Vision, à Villepinte, près de Paris, les fédérations appellent la Commission européenne à relever significativement les frais de traitement sur ces envois.L’Union européenne applique depuis le 1er juillet un droit de douane forfaitaire de 3 euros sur chaque catégorie de produits contenus dans les petits colis. Cette mesure, qui aurait déjà fait chuter les importations de 30 à 40 %, selon des chiffres des douanes françaises relayés par Bercy, doit être complétée par des « frais de traitement ». Leur montant n’est pas encore fixé, mais il pourrait s’établir autour de 2 euros.Cette mesure s’inscrit dans la lutte des pouvoirs publics contre le phénomène de « fast fashion », afin de soutenir l’industrie textile française. Une démarche qui suscite toutefois des critiques sur les réseaux sociaux, où certains internautes dénoncent l’attitude de commerçants français qui auraient profité des délocalisations avant d’en subir aujourd’hui les conséquences. La même industrie du textile qui fait fabriquer ses vêtements au Bangladesh ?— BlobiX 🇫🇷 (@Blobfish_sur_X) September 1, 2026Les professionnels jugent ces mesures insuffisantes. En 2025, près de 5,9 milliards d’articles à faible valeur sont entrés sur le marché européen dans de petits colis, dont 93 % en provenance de Chine, soit plus de 16 millions par jour.« On ne peut pas s’arrêter là », a déclaré Mario Jorge Machado, président d’Euratex, la principale fédération textile européenne. Celle-ci demande que ces frais atteignent 10 euros par colis et que les recettes soient affectées au renforcement des contrôles douaniers plutôt qu’au budget général de l’Union européenne.Pierre-François Le Louët, coprésident de l’Union française des industries de la mode et de l’habillement (UFIMH), estime que ces 10 euros ne seraient pas punitifs, mais représenteraient « le vrai coût du business model » des plateformes, qui saturent les douanes.L’UFIMH et l’Union des industries textiles soutiennent cette position.Euratex regroupe une trentaine de fédérations, notamment en France, en Italie, en Espagne et en Allemagne, et rappelle que la filière emploie 1,2 million de personnes en Europe.Côté politique, l’eurodéputé belge Yvan Verougstraete, favorable à la taxation, s’est félicité : « Shein n’est pas invincible, l’Europe n’est pas condamnée à subir. L’empire de la mode jetable devait conquérir le monde. La Bourse lui rappelle aujourd’hui que rien n’est jamais acquis. » Shein n’est pas invincible, l’Europe n’est pas condamnée à subir.L’empire de la mode jetable devait conquérir le monde. La Bourse lui rappelle aujourd’hui que rien n’est jamais acquis.Shein vient d’entrer en Bourse à Hong Kong. Et le chiffre est frappant : en quatre ans, sa… pic.twitter.com/7Xp8XMzmey— Yvan Verougstraete (@YVerougstraete) September 1, 2026En France, une mesure complémentaire est entrée en vigueur ce 1er septembre : un malus sur les produits de mode ultra-éphémère, pouvant atteindre 19,50 euros pour une veste d’ici 2030, dans le cadre de la loi anti-fast fashion visant particulièrement Shein, alors que les soldes d’été ont été un échec pour les commerçants français.