Le scandale autour du président de la Fédération internationale de football (FIFA), Gianni Infantino, ne semble pas près de s'apaiser : selon plusieurs médias américains et britanniques, l'Union des associations européennes de football (UEFA) aurait l'intention de porter plainte au pénal en Suisse contre le dirigeant de la principale instance du football mondial. Cette décision fait suite à son initiative visant à vendre à des investisseurs privés les droits d'organisation de la Coupe du monde, ce qui a suscité une vive opposition au sein de la communauté footballistique européenne.Selon les médias, dans les documents déposés par l’UEFA auprès d’un tribunal de Floride – où se trouvaient, lors de la dernière Coupe du monde, les structures de la FIFA chargées de gérer les activités liées à cet événement –, l’organisation européenne a demandé des documents à la société d’investissement Thrive Capital, détenue par Joshua Kushner, frère de Jared Kushner, gendre du président américain Donald Trump. Cette société était considérée comme l’investisseur principal potentiel dans le cadre de l’opération proposée, d’un montant de 4,2 milliards de dollars, portant sur la vente de 20 % des droits commerciaux de la FIFA sur les Coupes du monde. L’UEFA a souligné que des poursuites pénales pourraient être engagées en Suisse contre Gianni Infantino et, éventuellement, d’autres responsables et conseillers de la FIFA pour « mauvaise gestion criminelle ».Infantino sur la selletteCette action en justice pourrait s'inscrire dans le prolongement du conflit qui oppose les deux plus grandes institutions du football depuis la fin du mois de juillet dernier, suite à la tentative de Gianni Infantino de créer une nouvelle structure, évaluée à 20 milliards de dollars, baptisée FIFA Forward Enterprise, destinée à gérer les droits commerciaux des principales compétitions, y compris les Coupes du monde.Cette querelle interne a dégénéré en un scandale retentissant, suscitant une opposition farouche de la part d’un certain nombre de responsables, d’hommes politiques et d’organisations footballistiques de premier plan, notamment les confédérations régionales – l’UEFA, la Confédération asiatique de football (AFC) et celle qui regroupe les pays d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et des Caraïbes (CONCACAF).En signe de protestation, l’UEFA a décidé, le 30 juillet, de boycotter les compétitions organisées par la FIFA, puis a exigé des explications de la part de son président, appelant à la fin des « manœuvres secrètes menées à un rythme effréné » par « des individus anonymes, dont les bienfaits pour le football sont plus que douteux ». À la mi-août, des informations ont fait état du fait que l’UEFA, l’AFC et la CONCACAF envisageaient de lancer une motion de censure à l’encontre du président de la FIFA.