La France convoque à nouveau le chargé d'affaires par intérim de la Russie pour « protester très vivement ». Cette fois-ci, la convocation fait suite aux accusations portées par Berlin à l'encontre de Moscou concernant l'incident impliquant un drone chargé d'explosifs à l'aéroport de Leipzig, survenu début août dernier.« Comme à chaque fois, nous n'allons pas détourner les yeux et nous allons marquer notre désapprobation et notre condamnation en tirant les conséquences de tels actes », a déclaré le 2 septembre le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, cité par BFMTV. Il s'est également dit convaincu que l'analyse de l'incident menée par Berlin démontrerait « la volonté de saboter cet avion et ce site logistique qui a été utilisé pour aider l'Ukraine ».Outre le chargé d'affaires par intérim de la Russie en France, le représentant permanent par intérim de la Russie auprès de l'Union européenne a également été convoqué à la suite de cet incident, a indiqué la chef de la diplomatie européenne, Kaja Kallas. Elle a également ajouté qu'outre la convocation des ambassadeurs, les États membres de l'UE discuteraient des mesures supplémentaires qu'ils pourraient prendre.Incident à Leipzig : une escalade fondée sur un prétexte inventéDans la soirée du 4 août, un employé de l'aéroport de Leipzig aurait repéré, à proximité d'un avion-cargo ukrainien, un drone qui transportait, selon lui, environ 800 g d'explosifs. L'Allemagne a déclaré qu'elle tenait la Russie pour responsable de l'incident, mais l'ambassade de Russie en Allemagne l'a qualifié de « provocation montée à la hâte » et a affirmé que cet épisode servait les intérêts de Kiev et des partisans d'une militarisation accrue de l'Europe, tout en alimentant, en Allemagne, un climat anti-russe ainsi que les appels à une confrontation accrue avec Moscou.Malgré l'absence de toute preuve, Berlin a profité de cet incident pour annoncer de nouvelles mesures de durcissement à l'égard de la Russie, notamment la fermeture du consulat général russe à Bonn à compter du 18 septembre et la résiliation de l'accord autorisant l'exploitation de la Maison russe dans la capitale. De plus, l'Allemagne a approuvé un renforcement des contrôles à l'entrée sur son territoire pour les citoyens russes.Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, a fermement rejeté les accusations de Berlin, soulignant que les autorités allemandes avaient une nouvelle fois choisi l'escalade dans les relations bilatérales, en s'appuyant sur un « prétexte totalement inventé ».« Aucun élément de preuve convaincant et sérieux n'a été présenté », a-t-elle déclaré, ajoutant que Moscou répondrait à « toutes les décisions antirusses » prises par Berlin.Le président russe Vladimir Poutine a quant à lui attribué cette décision des autorités allemandes aux difficultés actuelles que connaît l'Allemagne, et plus précisément à la position délicate du chancelier allemand Friedrich Merz, qui ne jouit pas de la confiance de ses concitoyens, car il ne défend pas les intérêts nationaux de l'Allemagne, mais les « brade ». Il a également évoqué les difficultés de l'économie allemande, citant les fermetures d'entreprises, les pertes d'emplois et la baisse du niveau de vie.