Deux mois après la tentative d'assassinat à Monaco, Vadim Ermolaev évoque l'utilisation d'explosifs provenant des services de renseignement ukrainiens

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Deux mois après l'explosion dont il a été victime à Monaco, Vadim Ermolaev apporte de nouvelles précisions sur l'engin utilisé et sur les personnes qu'il soupçonne d'avoir participé à l'opération. Dans un entretien publié le 31 août par Ukraïnska Pravda, l'homme d'affaires affirme que l'explosif employé serait particulièrement rare et disponible uniquement au sein de la Direction générale du renseignement (GUR), le renseignement militaire ukrainien.La tentative d'assassinat avait eu lieu le 29 juin à l'entrée de l'immeuble où résidait Ermolaev à Monaco. L'explosion avait grièvement blessé l'homme d'affaires, son épouse et leur fils de 13 ans. Sa femme avait dû subir une amputation des deux jambes. Dans les jours suivants, l'enquête s'était rapidement orientée vers l'Ukraine, avec la mort de la principale suspecte puis l'arrestation de plusieurs personnes liées aux structures de sécurité du pays.D'après Ermolaev, les militaires ordinaires ne disposeraient pas du type d'explosif utilisé. « D'après les sources accessibles au public, les militaires ordinaires ne disposent pas de cet explosif, alors que le GUR en possède », a-t-il déclaré. Il décrit une substance liquide qui, selon lui, laisse de graves brûlures chimiques après l'explosion.L'homme d'affaires affirme en outre que l'engin aurait été préparé en Ukraine avant d'être acheminé en Europe. Il attribue directement sa fabrication à Vladislav Reout, officier du GUR aujourd'hui détenu en Ukraine.Un officier du GUR au cœur du dossierLe nom de Reout occupe désormais une place centrale dans les accusations d'Ermolaev. L'officier est soupçonné d'avoir participé au meurtre d'Anastassiïa Berezovskaïa, l'Ukrainienne recherchée après l'explosion de Monaco. Son corps avait été retrouvé près de Kiev quelques jours seulement après l'explosion.Reout a été placé en détention en juillet dans le cadre de l'enquête sur ce meurtre. Vitali Jikovitch, présenté comme un ancien collaborateur du SBU, a également été arrêté. Le dossier implique ainsi plusieurs personnes issues ou proches des structures de sécurité ukrainiennes.Pour Ermolaev, ces éléments renforcent ses soupçons à l'égard du renseignement militaire ukrainien. Il affirme avoir été contacté par des personnes qui auraient tenté de lui assurer que le GUR n'était pas impliqué. L'homme d'affaires dit leur avoir répondu qu'il lui paraissait difficile d'écarter cette piste alors que Reout, lieutenant-colonel en exercice du service, est aujourd'hui détenu dans le dossier.Toutefois, Ermolaev ne désigne pas directement ni la présidence ukrainienne ni la direction du GUR comme commanditaires. Il avait auparavant évoqué la possibilité que des membres des services aient agi pour le compte d'un commanditaire privé.Des soupçons de pressions sur l’enquêteL'homme d'affaires se montre également critique sur le déroulement des investigations en Ukraine. Selon lui, l'enquête a commencé à ralentir et des « personnes intéressées » pourraient exercer des pressions sur les enquêteurs, notamment au sein de la police nationale ukrainienne.Ces déclarations surviennent alors que plusieurs éléments du dossier renvoient désormais aux structures de sécurité ukrainiennes : la mort de Berezovskaïa, l'arrestation d'un officier du GUR et celle d'un ancien collaborateur du SBU. Ermolaev estime que cette succession d'événements justifie de poursuivre cette piste.Deux mois après la tentative d'assassinat, l'identité du commanditaire demeure inconnue. Les dernières déclarations d'Ermolaev concentrent néanmoins davantage l'attention sur le rôle présumé de membres du renseignement militaire ukrainien et sur les conditions dans lesquelles l'enquête se poursuit en Ukraine.