Le dépouillement a débuté ce 31 août au soir en Guinée-Bissau après la fermeture des bureaux de vote à 17 heures. Les premiers résultats provisoires du référendum constitutionnel sont attendus mardi 1er septembre.Le scrutin survient neuf mois après la prise du pouvoir par les militaires, le 26 novembre 2025, dans le cadre d'une transition qui doit conduire à des élections présidentielles et législatives le 6 décembre 2026. Les électeurs étaient appelés à se prononcer sur l'entrée en vigueur d'une nouvelle Constitution approuvée par le Conseil national de transition.À Bissau, la sécurité avait été renforcée dans plusieurs points stratégiques de la capitale, avec le déploiement de membres de la garde nationale et de la police. À l'issue du scrutin, la Commission nationale des élections a fait état d'un vote calme et sans incident majeur.Son secrétaire exécutif, Idrissa Djalo, a annoncé que la participation avait « dépassé » les 55 %. Il a également assuré qu'aucun incident susceptible de remettre en cause la crédibilité du vote n'avait été constaté.L'affluence est toutefois restée limitée dans plusieurs zones du pays, notamment dans certaines régions du sud et de l'est. Les fortes pluies ont également compliqué les déplacements de certains électeurs.Une Constitution qui renforce les pouvoirs du présidentLe texte soumis au vote prévoit de renforcer le caractère présidentiel du système politique bissau-guinéen. Le chef de l'État pourrait ainsi nommer et révoquer le Premier ministre et les membres du gouvernement, mais aussi dissoudre le Parlement.La réforme prévoit également de réduire le nombre de sièges à l'Assemblée nationale populaire, qui passerait de 102 à 65.Pour les autorités de transition, cette refonte vise à mettre fin aux conflits récurrents entre la présidence, le gouvernement et le Parlement, qui ont régulièrement pesé sur le fonctionnement des institutions. « Ce que nous voulons après ce référendum, c'est permettre à celui qui remportera les élections d'exercer son mandat sans entrave », a déclaré le général Horta Inta-A Na Man.Une réforme contestée avant les élections de décembreLe PAIGC, principale formation d'opposition, avait pour sa part appelé ses partisans à boycotter le référendum. Le parti estime que la nouvelle Constitution risque de concentrer trop de pouvoirs entre les mains du président.Des réserves ont également été exprimées au sein de la société civile. Le président de la Ligue bissau-guinéenne des droits humains, Abubacar Ture, a mis en garde contre une concentration accrue du pouvoir exécutif.Les autorités de transition affirment de leur côté vouloir rétablir un pouvoir civil à l'issue des élections présidentielles et législatives prévues le 6 décembre. Le général Horta Inta-A Na Man ne pourra pas participer au scrutin présidentiel en vertu de la charte de transition.L'attention se porte désormais sur le dépouillement. Son résultat déterminera si la nouvelle Constitution entrera en vigueur avant les élections présidentielles et législatives du 6 décembre.