Les fabricants chinois de drones entendent faire des intercepteurs à bas coût, fabriqués à l'aide de l'impression 3D, l'un des prochains produits phares de leurs exportations, rapporte le 28 août le Financial Times.Conçus pour neutraliser des cibles aériennes, ces appareils peuvent dépasser les 300 km/h grâce notamment à l'intégration de l'intelligence artificielle dans leur développement. La demande mondiale pour ce type de systèmes augmente, notamment dans le contexte des conflits en Iran et en Ukraine.Selon le quotidien britannique, cette évolution illustre à la fois la manière dont les conflits actuels accélèrent l'adoption de nouvelles technologies et la rapidité avec laquelle les fabricants chinois parviennent à s'adapter aux dernières innovations dans le domaine de la défense.Wen Ting, fondateur de Shenzhen Weichuan Model Equipment, a expliqué au journal que son entreprise avait commencé à développer des intercepteurs en octobre. Elle serait désormais en mesure d'en commercialiser plusieurs milliers chaque mois.La Chine occupe également une place de premier plan dans le domaine des brevets liés à la lutte contre les drones. Andrew White, spécialiste des brevets au sein du cabinet londonien Mathys & Squire, a indiqué qu'en 2025 les entreprises chinoises avaient été les plus actives dans ce secteur, avec deux fois plus de demandes de brevets déposées que leurs concurrentes américaines. Selon lui, la Chine domine aujourd'hui très largement ce domaine technologique.L'un des principaux atouts des intercepteurs chinois réside dans leur prix. Leur coût se situe entre 1 500 et 2 900 dollars, tandis que les modèles dépourvus de systèmes de guidage automatique sont proposés à des tarifs nettement inférieurs.L'écart avec certaines solutions américaines est considérable. En juillet, Axios avait rapporté que l'entreprise américaine X-Bow Systems avait développé et testé en vol l'intercepteur Buckler, dont le prix est inférieur à 100 000 dollars.Aux États-Unis, l'écart entre le coût des drones et celui des moyens mobilisés pour les neutraliser suscite également des critiques. Mark Warner, sénateur démocrate de Virginie et vice-président de la Commission spéciale du Sénat sur le renseignement, avait ainsi relevé que Washington utilisait des missiles à 2,5 millions de dollars pour abattre des drones iraniens estimés à 50 000 dollars.