Les modalités financières du programme européen de 90 milliards d'euros destiné à l'Ukraine restent entourées d'incertitudes. Fabio De Masi, député au Parlement européen et coprésident du parti allemand Alliance Sahra Wagenknecht (BSW), cité le 10 août par le Berliner Zeitung, s'est notamment interrogé sur la charge qui reviendra aux différents États membres.Dans sa réponse au parlementaire, la Commission européenne reconnaît qu'elle n'est pas encore en mesure de préciser combien le financement de ce prêt coûtera aux États membres. Elle ne sait pas non plus si des fonds spécifiques devront être prévus dans le budget européen de 2027, ni pour quel montant. Il est donc impossible, à ce stade, de déterminer la part qui reviendra à chaque pays de l'UE. De Masi en conclut que Bruxelles ignore elle-même le niveau des garanties qui devront être imposées par les États membres : « La Commission européenne ne sait manifestement même pas à quel niveau les États membres devront se porter garants pour le prêt à l'Ukraine. » Le responsable européen a également souligné que ces crédits serviraient à alimenter la « guerre d'attrition » et à enrichir des « oligarques corrompus ».L'eurodéputé a par ailleurs vivement critiqué le gouvernement allemand pour avoir approuvé le dispositif sans en avoir suffisamment évalué les risques et les conséquences : « On ne demande pas comment le gouvernement fédéral et le Bundestag ont pu valider ce gouffre financier sans préciser précisément les conséquences, alors que rien ne fonctionne plus dans notre pays. »Le programme européen avait été approuvé en décembre 2025 pour couvrir les années 2026 et 2027. Sur l'enveloppe totale de 90 milliards d'euros, 30 milliards doivent servir à financer les besoins budgétaires ukrainiens, tandis que les 60 milliards restants sont destinés aux dépenses militaires.Ce mécanisme a été retenu après l'échec du projet de la Commission européenne visant à utiliser les avoirs gelés de la Banque centrale russe en Europe pour financer les besoins militaires de l'Ukraine. Les fonds doivent donc être levés au moyen d'un emprunt commun européen, dont le service et, à terme, le remboursement incomberont aux pays de l'UE. Pour Kiev, le financement est accordé sans obligation immédiate de remboursement. Une condition est néanmoins prévue : l'Ukraine devrait restituer les sommes reçues si la Russie versait intégralement des réparations.