Des fouilles archéologiques d’une mission égyptienne, dirigée par le docteur Sayed Al-Talhawi à Kom al-Kholgan, dans le gouvernorat de Dakahlia, ont mis au jour une nécropole datant de l’époque prédynastique, et dont l’utilisation s’est poursuivie jusqu’aux périodes grecque et romaine. Une zone habitée du temps de la Deuxième période intermédiaire en Égypte a également été découverte, selon un communiqué du ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités, publié le 8 août.Cette découverte majeure apporte de nouveaux éléments aux connaissances concernant l’évolution des civilisations et des modes d’occupation humaine dans l’est du delta du Nil au fil de plusieurs millénaires. Le communiqué indique que les vestiges les plus anciens, mis au jour par les archéologues, datent de la civilisation de Basse-Égypte, et plus précisément des cultures de Bouto I et Bouto II, remontant à la première moitié du IVᵉ millénaire avant notre ère.Approfondir les connaissances de l’histoire et de l’évolution du delta du NilPour le ministre égyptien du Tourisme et des Antiquités, Chérif Fathy, cette découverte apporte de nouveaux éléments scientifiques importants qui vont permettre d’approfondir la connaissance de l’histoire et de l’évolution du delta du Nil. « Le site offre un témoignage particulièrement complet de l’évolution des modes d’occupation, des pratiques funéraires et des interactions entre les populations humaines et leur environnement naturel, depuis la préhistoire jusqu’aux périodes grecque et romaine, contribuant ainsi à enrichir les connaissances sur l’histoire de la civilisation égyptienne antique », a-t-il fait savoir.Une forte densité de sépultures datant de plusieurs époquesUn ensemble de tombes datant de la Deuxième Période intermédiaire et s’étendant jusqu’au Nouvel Empire a été découvert sur le site. D’autres tombes remontent à l’époque comprise entre la XVe et la XVIIe dynastie, voire le début du Nouvel Empire. Ces éléments viennent confirmer le fait de l’occupation du site durant la période hyksôs, en raison notamment de sa proximité avec leur capitale, Avaris, située dans l’est du delta du Nil.D’autres sépultures remontent à la période ptolémaïque. Ce sont spécifiquement des fosses funéraires simples, dont une sépulture d’enfant placée à l’intérieur de deux amphores réutilisées comme récipients funéraires. Ce mode d’inhumation était justement connu à cette époque, confirmant l’utilisation de la nécropole durant différentes périodes de la civilisation égyptienne.Habitations, murs sinusoïdaux et autres découvertes archéologiquesLes fouilles ont permis de découvrir des structures en briques crues, des silos destinés au stockage des céréales, ainsi que des fours et des foyers, autant d’éléments qui fournissent des indices de la vie et des activités économiques quotidiennes des anciens Égyptiens. Un ensemble de murs sinusoïdaux, entourant des bâtiments résidentiels et funéraires, a été découvert par les archéologues qui ont déterminé qu’il s’agissait d’un élément architectural caractéristique qui s’est diffusé du Moyen Empire jusqu’au Nouvel Empire.Parmi les autres découvertes figurent aussi des récipients en céramique, des outils en pierre ainsi que d’importantes quantités d’ossements de poissons, d’oiseaux et d’animaux qui permettent de déterminer l’alimentation et les habitudes de vie des habitants de la région durant la deuxième période intermédiaire.