Violences sexuelles sur mineurs en France : un syndicat policier «écœuré» par le courrier de Darmanin

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Le contenu d’un courrier de 12 pages, adressé fin juillet par le ministre français de la Justice Gérald Darmanin à son homologue de l’Intérieur Laurent Nuñez, et ayant fuité le 8 août dans la presse, a fortement déplu au secrétaire général du Syndicat des commissaires de la Police nationale (SCPN), Frédéric Lauze.Ce commissaire général de la police nationale a, le jour même, sur France Info, fait part d’un « sentiment de colère, de révolte, d’injustice partagé par tous les policiers, un sentiment de trahison vis-à-vis de Gérald Darmanin ». Il a également évoqué « un sentiment d’écœurement » face à cet ancien ministre de l’Intérieur (2020–2024) qui se serait lui-même occupé de la priorisation des dossiers lors de son passage place Beauvau et chercherait aujourd’hui à se « dédouaner » de toute responsabilité. « Le comble du cynisme », a fustigé Frédéric Lauze.Dans ce courrier, révélé par le quotidien Le Monde, Gérald Darmanin a notamment pointé du doigt l’existence d’un « stock fantôme » : des milliers de dossiers, relatifs à des violences sexuelles sur mineurs, dont les parquets n’auraient pas eu connaissance en raison de leur non-transmission par les services de police et de gendarmerie. La note ministérielle a également souligné des carences en termes de formation ainsi que des manquements individuels au sein des forces de l’ordre chargés de ces dossiers sensibles.« On a fabriqué un véritable déni de justice »« Les logiques de communication, de politique et de cynisme l’emportent, et ce courrier est reçu comme une insulte, un uppercut par les enquêteurs qui font leur travail et qui s’aperçoivent que la justice et les politiques ouvrent grand le parapluie en se dédouanant de toute responsabilité », a encore dénoncé le syndicaliste auprès de France Info, fustigeant cette synthèse issue des remontées des parquets généraux et qui à ses yeux a « tendance à dédouaner la justice ». Selon lui, le constat dressé par un « rapport de l’inspection des services judiciaires » aurait été tout autre.« On aurait pu voir éventuellement que depuis de nombreuses années, nous avons trois millions de procédures en stock », s’est-il emporté. Et d'accuser : « On a fabriqué un véritable déni de justice, les policiers n’arrêtent pas de le hurler. Les policiers ne font plus d’investigation, ils font des procédures au détriment des victimes, car les politiques comme Monsieur Darmanin l’ont voulu. »