« Nous vivons une catastrophe climatique d’une ampleur que nous n’avons jamais vue en agriculture sur une telle durée. » Au micro de France Info, ce 8 août, le président de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA), Arnaud Rousseau, a appelé à « un soutien massif » de l’État.« Nous avons besoin d’une réponse gouvernementale inédite, que nous n’avons jamais vue sur ce plan, il en va de l’avenir et de la pérennité d’un certain nombre d’exploitations agricoles », a-t-il insisté, appelant à un « choc de réactivité » des autorités françaises. « On parle de plusieurs milliards d’euros », a précisé le syndicaliste agricole, évoquant des montants « inédits » ainsi que des organismes d’assurance qui « ne pourront pas prendre un compte un tel niveau de sinistralité ».« On parle pour le maïs de la plus faible récolte depuis près de 45 ans », a souligné Arnaud Rousseau, alors que sur cette seule culture la récolte française devrait chuter de 35% cette année, à neuf millions de tonnes, selon les estimations du ministère de l’Agriculture.« Les premières vendanges viennent de commencer, nous n'avons jamais vu des vendanges fin juillet, début août », a-t-il ajouté, insistant sur la situation « absolument critique » pour les fermes françaises alors qu’un cinquième épisode caniculaire « étendu et durable » est attendu dans les jours à venir sur une grande partie de l’Hexagone.« Il est quasiment impossible de produire »« Que ce soit en végétal ou en animal, quand vous dépassez les 40 degrés il est quasiment impossible de produire», a martelé le patron de la FNSEA, soulignant que « tout le monde est à cran ». « Sur ma propre ferme, nous n’avons pas eu d’eau depuis fin mai », a ajouté ce céréalier de Seine-et-Marne.Selon un communiqué du ministère français de l’Agriculture publié le 5 août, évoquant « un épisode exceptionnel de canicule, de sécheresse et d’incendies », la sécheresse concernerait désormais 98 départements, dont 57 ont été placés en situation de crise avec d’importantes restrictions sur les usages de l’eau.Dans ce communiqué, le ministère annonçait la préparation d’un plan global d’accompagnement « Canicule – Sécheresse – Incendies », qui doit inclure des mesures d’urgence pour soutenir la trésorerie des exploitations, l’éventuelle « prise en charge de cotisations sociales », ainsi que des « dispositifs de simplification et de dérogation ».