Alors qu’une grande partie des clandestins qui ont franchi la frontière à Ceuta ces derniers jours serait désormais retournée au Maroc, selon le gouvernement espagnol dont le chef de la diplomatie affirme que l’intégrité de l’espace Schengen est « absolument garantie », la polémique autour de cette soudaine vague migratoire enfle dans la péninsule ibérique.Le média en ligne The Objective a ainsi rapporté que le renseignement avait mis en garde à plusieurs reprises le gouvernement contre un afflux de migrants dans les villes de Ceuta et Melilla aux alentours de la Fête du Trône au Maroc, célébrée le 30 juillet, et à l’occasion de laquelle un « geste de magnanimité » du roi du Maroc était attendu. Dans les jours suivants, les premières traversées ont été observées.Ces quelque 1 000 traversées, constatées en l’espace d’une dizaine de jours, furent «interprétées comme des "tests" de la part du Maroc» par les services, a relaté ce média politiquement classé à droite, et ils ont alors «de nouveau alerté le gouvernement ». « Selon diverses sources militaires et civiles du renseignement qui se sont confiées à The Objective, le gouvernement a systématiquement ignoré ces avertissements », peut-on lire dans cet article publié ce 1er août.Ceuta : des milliers de mineurs qui « ne peuvent être renvoyés » au MarocDe son côté, le gouvernement de Pedro Sánchez a annoncé ce 1er août le début de l’installation de barrières sur la digue de Tarajal à Ceuta. « L'élément principal est une barrière pneumatique de 500 mètres de long, d'une hauteur de surface de 30 à 70 centimètres et d'une partie immergée jusqu'à un mètre de profondeur », peut-on lire dans les titres de la presse ibérique qui reprennent un communiqué.Politiquement, dans une lettre adressée aux chefs des institutions européennes, le Premier ministre espagnol a réclamé une réunion des ministres des Vingt-Sept, fustigeant l'attitude « égoïste » de certains États membres.Côté bilan humain, selon Europa Press, la Guardia Civil aurait ce 1er août au matin repêché dix corps supplémentaires depuis la veille, portant à 67 le nombre de morts lors des traversées. La question des mineurs isolés se pose également.« À ce jour, aucune estimation du nombre de mineurs parmi les 50 000 personnes entrées à Ceuta depuis le 30 juillet au matin n'est disponible », a rapporté une journaliste du quotidien El País, dans un papier dédié à ces « garçons qui expliquent avoir traversé la frontière pour se rendre à Ceuta en quête d'une vie meilleure, afin d'aider leurs familles ». Selon cette même source, le nombre de mineurs pris en charge dans différents centres est ainsi passé « en seulement trois jours » de 180 à 770.Des chiffres bien en deçà de ceux relayés par El Mundo, qui reprend une estimation de l’ONG Save the Children et selon laquelle environ 7 000 mineurs seraient présents à Ceuta, une enclave qui « n’a pas la capacité de les accueillir ». Des mineurs qui « ne peuvent être renvoyés au Maroc ».