L'enclave espagnole de Ceuta traverse l'une des plus graves crises migratoires de son histoire. Entre le 30 et le 31 juillet, environ 60 000 migrants auraient franchi illégalement la frontière depuis le Maroc, selon les autorités locales, un afflux inédit pour ce territoire de seulement 20 km² et 85 000 habitants. « La situation est intenable », a déclaré le président de Ceuta, Juan Jesús Vivas, qui a indiqué que 34 personnes étaient mortes lors de leur tentative de rejoindre l'enclave. 🇲🇦🇪🇸Maroc: Des Marocains rentrent au Maroc après être rentrer dans les enclaves espagnols face aux pénuries alimentaires et aux conditions de vie déplorable après l'afflux d'hier et de cette nuit. pic.twitter.com/DSXfycbDyy— Restitutor Orientis 🇱🇮 (@restitutorII) July 31, 2026La majorité des arrivées s'est concentrée au niveau de la digue de Tarajal, qui sépare Ceuta du Maroc. Des migrants ont contourné les barrières avec des bouées ou en nageant avant d'atteindre le quartier d'El Príncipe. Pour Juan Jesús Vivas, l'ampleur du phénomène est comparable à l'arrivée soudaine de 34 millions de personnes en Espagne en une journée, proportionnellement à la population de Ceuta. Quelque 25 000 migrants seraient toutefois déjà repartis vers le Maroc, selon le ministère espagnol de l'Intérieur.Mobilisation sur les réseaux sociauxFace à la situation, Madrid a déployé des renforts policiers, des plongeurs, des drones et des moyens navals, tandis que l'armée a été mobilisée pour sécuriser certains axes routiers. Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez s'est rendu à Ceuta, dénonçant une « attaque » et une « violation de l'intégrité territoriale de l'Espagne ». Selon lui, les réseaux de passeurs auraient exploité une récente décision de justice interdisant l'expulsion immédiate vers le Maroc des migrants arrivés par la mer.L'afflux pourrait également être lié à un important phénomène de mobilisation sur les réseaux sociaux, où des rumeurs d'ouverture des frontières auraient circulé massivement. La situation s'étend à Melilla, autre enclave espagnole au Maroc, où environ 400 personnes auraient franchi illégalement la frontière. ‼️ [ 🇪🇸 ESPAGNE | 🇲🇦 MAROC ]🔸 Le président du gouvernement de Ceuta affirme que près de 60.000 migrants ont franchi la frontière entre le Maroc et l'enclave espagnole ces derniers jours, soit l'équivalent d'environ 70 % de la population locale.Les arrivées, composées… pic.twitter.com/xJaqh2aFBO— Little Think Tank (@L_ThinkTank) July 31, 2026Au Maroc, les forces de sécurité ont été renforcées autour de Fnideq, ville frontalière avec Ceuta. Des milliers de candidats à l'émigration se sont rassemblés dans la zone, provoquant des affrontements avec les forces de l'ordre marocain, qui ont procédé à plusieurs arrestations.La crise provoque également des tensions au sein de l'Union européenne. L'Italie a évoqué la possibilité de suspendre temporairement l'Espagne de l'espace Schengen, une proposition jugée « inappropriée » par Madrid. Rome accuse notamment l'Espagne d'avoir encouragé l'immigration irrégulière après l'octroi de régularisations massives, tandis que plusieurs pays européens appellent à un renforcement du contrôle des frontières extérieures.Cette crise rappelle celle de mai 2021, lorsque près de 10 000 migrants avaient pénétré à Ceuta en quelques jours. Mais par son ampleur, l'épisode actuel place une nouvelle fois la gestion migratoire européenne et la coopération entre Madrid et Rabat au centre des débats.