Malgré les engagements publics en faveur de l’égalité, la fonction préfectorale reste largement dominée par les hommes. ✅Suite à la réforme de l’encadrement supérieur de la fonction publique de l’#État, la Cour formule 10 recommandations afin de poursuivre la modernisation de la gestion des #préfets👉https://t.co/B4qivGD7YSpic.twitter.com/wTEJ75RA6m— Cour des comptes (@Courdescomptes) July 28, 2026La Cour des comptes, dans un rapport rendu public le 28 juillet, s’inquiète sur ce recul qu’elle juge préoccupant.Un recul marqué aux postes clefsAprès avoir atteint 27 % fin 2019, la proportion de femmes préfètes est redescendue à 24 % fin 2024, avec seulement 32 femmes sur 132 postes occupés. Le phénomène est encore plus prononcé aux échelons supérieurs : chez les préfets de région (hors outre-mer), la part des femmes est passée de 21 % à 14 % entre 2019 et 2024.« Le nombre comme la proportion de femmes préfètes ont diminué », relève la Cour, qui pointe à la fois un vivier insuffisamment féminisé et des choix de nomination qui ne favorisent pas la parité. La loi Sauvadet de 2012, qui impose un taux minimal de 40 % de chaque sexe dans les premières nominations aux emplois supérieurs, a permis une progression chez les sous-préfets (de 32 % à 38 % de femmes), mais cela n’a pas suffi à irriguer le sommet. Des obstacles structurels persistent : syndrome de l’imposteur, charge familiale, mobilité géographique exigée, préjugés sexistes et culture interne masculine. L’association Femmes de l’intérieur évoque un « cocktail » qui décourage les candidatures féminines en nombre suffisant.Ce bilan arrive en pleine polémique autour de l’attitude très critiquée de la préfète de la Gironde Sophie Brocas qui a notamment demandé aux agriculteurs de remplir « un fichier sur un site » avant de venir aider les pompiers. La drôle de préfète de Gironde, Sophie Brocas, ose demander aux agriculteurs… de remplir "un fichier sur un site" avant de venir aider les pompiers. "La générosité c'est très bien, à condition que ce soit organisé": il y a des coups de tampon administratif qui se perdent !…— Gilbert Collard (@GilbertCollard) July 28, 2026La Cour insiste sur la responsabilité de l’autorité de nomination : l’Élysée, qui continue de privilégier les hommes pour les postes les plus prestigieux. Parmi les préfets de région, on compte seulement trois femmes pour quinze hommes, et aucun poste emblématique comme celui de préfet de Paris n’a jamais été occupé par une femme. La question de la parité fait l’objet de mesures coercitives en France dans certains domaines. Ainsi pour les élections législatives de 2024 : la droite avait été lourdement sanctionnée pour manque de parité, en revanche d’autres secteurs où les femmes sont très majoritaires ne font pas l’objet de mesures pour « masculiniser » les professions à l’image des métiers de la justice.Les magistrats recommandent de renforcer le vivier féminin et d’assurer une cohérence entre les objectifs légaux de parité et les décisions concrètes. Plus de quarante ans après la première nomination d’une femme préfète en 1981, la fonction créée par Napoléon peine encore à se féminiser.