La flambée de violences en Cisjordanie ravive le spectre d’une troisième intifada

Wait 5 sec.

La mort de deux soldats israéliens et de quatre Palestiniens, vendredi 24 juillet dans le village de Tell, près de Naplouse, a déclenché une vaste opération militaire israélienne en Cisjordanie occupée. Après une confrontation entre une vingtaine de colons israéliens entrés dans cette zone sous contrôle de l’Autorité palestinienne et des habitants, l’armée a multiplié les raids, les arrestations et les perquisitions, tandis que les violences de colons se sont intensifiées dans plusieurs localités palestiniennes.Les opérations se sont rapidement étendues à Jénine, Tubas, Ramallah, Hébron, Bethléem, Tulkarem et Jérusalem-Est. Selon les autorités israéliennes, ces interventions visent des « foyers terroristes ». En parallèle, le gouvernement de Benjamin Netanyahou a annoncé l’accélération de la légalisation de nouveaux avant-postes de colonisation ainsi que le retrait de permis de travail à des habitants des zones concernées. Au moins quatre nouveaux avant-postes auraient été établis dans les jours suivant les affrontements.Pression sur Donald TrumpPour plusieurs analystes, cette escalade s’inscrit dans une dynamique engagée depuis l’arrivée au pouvoir de la coalition actuelle, fin 2022. L’expansion de la colonisation, la multiplication des violences de colons et le soutien affiché par certains ministres à cette politique alimentent les tensions. Selon le quotidien Haaretz, plusieurs responsables militaires israéliens dénoncent désormais ouvertement le manque de fermeté des autorités face aux exactions de colons, certains affirmant que leurs unités consacrent désormais l’essentiel de leur temps à tenter de contenir ces violences.L’inquiétude grandit également au sein de l’establishment sécuritaire israélien. Près de 600 anciens responsables militaires, diplomatiques et des services de renseignement ont appelé Donald Trump à faire pression sur Benjamin Netanyahou afin de mettre un terme à ce qu’ils qualifient de « terrorisme des colons », estimant que la situation menace aussi bien la sécurité d’Israël que les intérêts américains.À trois mois des élections législatives, cette nouvelle flambée de violences intervient dans un contexte politique particulièrement tendu. Benjamin Netanyahou cherche à préserver l’unité de sa coalition d’extrême droite, tandis que ses partenaires les plus radicaux réclament un durcissement de la réponse militaire. Si une troisième intifada ne paraît pas imminente, plusieurs observateurs estiment que la poursuite des violences pourrait replacer la sécurité au cœur de la campagne électorale et accélérer l’affaiblissement de l’Autorité palestinienne.