Au cœur de l’Ain, le 59e congrès des Jeunes Agriculteurs (JA) a pris des allures de grand oral présidentiel ce 4 juin 2026. Gabriel Attal (Renaissance), Bruno Retailleau (LR), Marine Tondelier (Les Écologistes), Jean-Philippe Tanguy (RN) et Aurélie Trouvé (LFI, pour Jean-Luc Mélenchon) se sont succédés sur scène face aux questions des jeunes exploitants, révélant les fractures d’un monde agricole en souffrance.Eau, pesticides et Europe au cœur des débatsBruno Retailleau a ouvert le bal en défendant les méga-bassines et la réintroduction de l’acétamipride, pesticide néonicotinoïde interdit en France mais autorisé ailleurs en Europe. « Il y en a marre de l’idéologie », a-t-il déclaré, réclamant même « qu’on arrête d’emmerder les agriculteurs », sous les applaudissements. Il a aussi plaidé pour la suppression du principe de précaution et la fin des surtranspositions européennes. Le meilleur soutien qu’on peut donner à l’agriculture c’est d’arrêter d’emmerder les agriculteurs. C’est le premier engagement que je prends. pic.twitter.com/gwDccLawsE— Bruno Retailleau (@BrunoRetailleau) June 4, 2026Marine Tondelier, plus chahutée, a essuyé des huées et s’est plainte du format des débats qui lui avait été imposé, selon elle. "On est dans un pays qui manque de débat politique"Présidentielle: Marine Tondelier "regrette" que les autres candidats, présents à la clôture du congrès des Jeunes agriculteurs, aient refusé de débattre#BFM2pic.twitter.com/1WZDkjENZG— BFM (@BFMTV) June 4, 2026Aurélie Trouvé (LFI) a dénoncé les « fermes-usines » appartenant à des capitaux extérieurs, provoquant également des sifflets.Gabriel Attal a clos les interventions en promettant un programme agricole pour l’automne et en taclant l’absence de Jordan Bardella et Marine Le Pen : « Manifestement, l’événement n’était pas digne » d’eux.En réalité, le Rassemblement national était représenté par Jean-Philippe Tanguy, qui a revendiqué la défense des agriculteurs français : « Contrairement à Gabriel Attal et Bruno Retailleau, dont les partis ont soutenu l'application du Mercosur, nous défendons nos agriculteurs face à la surrèglementation, à la concurrence déloyale et au racket fiscal ! » 🔵 OUI, l'agriculture française fait partie des plus grandes richesses de notre pays. Nous refusons qu'elle soit dénigrée ou sacrifiée !Contrairement à Gabriel Attal et Bruno Retailleau, dont les partis ont soutenu l'application du Mercosur, nous défendons nos agriculteurs face… pic.twitter.com/8lqYz7XiM7— Rassemblement National (@RNational_off) June 4, 2026Les JA, qui revendiquent un positionnement apolitique mais qui sont une succursale de la FNSEA généralement alignée sur le centre, ont exprimé leurs priorités : installation des jeunes, transmission des exploitations, protection face à la concurrence déloyale et souveraineté alimentaire.Jocelyn Dubost, nouveau président des Jeunes Agriculteurs, a déclaré : « Je veux être très clair dès aujourd’hui : ce mandat, je ne le mènerai pas seul ». Il a ajouté, à destination des personnalités politiques : « Les discours, c’est une chose, mais nous attendons des actes. » Premier discours de Jocelyn Dubost, nouveau président de Jeunes Agriculteurs, lors du #CongrèsJA 2026 : « Je veux être très clair dès aujourd’hui : ce mandat, je ne le mènerai pas seul. Je le mènerai aux côtés de mon secrétaire général, Loïc Scalabrino, avec qui nous avons… pic.twitter.com/JdA14pAtqw— Jeunes Agriculteurs (@JeunesAgri) June 4, 2026Entre applaudissements nourris pour les promesses de simplification administrative et de soutien aux revenus, et réserves face aux visions écologistes ou souverainistes sur l’Europe et la PAC, ce congrès marque le début d’une longue campagne où l’agriculture s’impose comme un enjeu majeur, quelques mois seulement après une mobilisation agricole d’ampleur à Paris.Les agriculteurs, démoralisés par la crise des revenus, la concurrence internationale et le changement climatique, attendent désormais des engagements concrets.