Soudan du Sud : l’ONU alerte sur des centaines de milliers de déplacés

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Le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) et l’Unicef tirent la sonnette d’alarme. Selon les derniers chiffres publiés le 5 avril, 286 000 personnes ont été chassées de leurs villages dans l’État du Jonglei, région du nord-est frontalière de l’Éthiopie, par les affrontements entre les forces loyales au président Salva Kiir et les milices d’opposition fidèles à Riek Machar. Les tensions sont telles que des célébrations pascales ont même été annulées dans le pays.Mi-mars, l’évacuation de la ville d’Akobo avait déjà provoqué l’exode massif de 100 000 personnes du Jonglei vers l’Éthiopie. Les déplacés, en grande majorité des femmes et des enfants, campent sous les arbres, se nourrissent de feuilles et de fruits sauvages et font face à une insécurité alimentaire aiguë. 🗞️ Soudan du Sud : les violences et les intempéries forcent l’annulation des célébrations pascales📢 La résurgence de violents affrontements a contraint l’armée à fermer les principaux axes routiers, isolant des populations entières...https://t.co/mGofxDGajh— Napo (@CathoFr) April 6, 2026L’épidémie de choléra repart à la hausse tandis que vingt-six centres de santé ont été détruits depuis janvier, privant 1,3 million d’habitants d’accès aux soins. Les marchés sont « non fonctionnels » et la réponse humanitaire reste « limitée », note l’OCHA.Cette crise retient très peu l’attention en Europe alors que seuls quelques médias spécialisés s’en font l’échos, à l’image de RFI en France. C’est essentiellement la presse africaine qui évoque ce drame. 🔥 Soudan du Sud: 286 000 déplacés dans l'État du Jonglei selon l'ONUhttps://t.co/ksiMWJAg2J#BuzzyAfrica#Afrique— BuzzyAfrica (@tiorjogpsfh) April 5, 2026Des zones de refuge demeurent inaccessibles. Médecins sans frontières alerte particulièrement sur le sort des 30 000 déplacés de Nyatim, dans le comté de Nyirol : 58 personnes sont mortes ces quatre dernières semaines, certaines en tentant de fuir, d’autres de faim ou de maladie.Des experts indépendants mandatés par l’ONU ont qualifié la situation de « tournant critique », alors que l’institution internationale s’était inquiétée à plusieurs reprises de la situation dans le pays depuis plusieurs mois. Ils dénoncent les violences sexuelles contre les femmes et les filles, les attaques aveugles contre les civils et les travailleurs humanitaires, ainsi que la destruction de sources d’eau, de maisons, d’hôpitaux, d’écoles et de lieux de culte.« S’ils étaient avérés, ces actes constitueraient de graves violations du droit international humanitaire et pourraient être assimilables à des crimes de guerre », ont-ils averti. Les humanitaires espèrent désormais une trêve rapide pour porter secours aux populations les plus vulnérables.