Harare, nouveau point d'ancrage du capital chinois

Wait 5 sec.

À Harare, capitale du Zimbabwe, un phénomène immobilier inédit se dessine : une clientèle chinoise aisée transforme progressivement certains quartiers en pôles d'investissement privilégiés, rapporte Bloomberg. Ce mouvement, porté par des capitaux importants, redéfinit les équilibres locaux du marché résidentiel haut de gamme.Dans les zones les plus recherchées, telles que Highlands et Borrowdale-Brooke, la demande pour des biens compris entre 500 000 et 2 millions de dollars a fortement augmenté. Les agences immobilières s'adaptent à cette nouvelle réalité en recrutant des collaborateurs sinophones. Les transactions, souvent réalisées en espèces, renforcent la position des acheteurs, qui peuvent ainsi négocier plus librement et contourner les contraintes liées au contrôle des devises, note l'agence de presse américaine.Contrairement à d'autres destinations dans des pays en développement, où la présence chinoise est majoritairement liée à une main-d'œuvre modeste, le Zimbabwe attire une élite économique. Il s'agirait principalement de cadres dirigeants et d'entrepreneurs actifs dans les secteurs miniers et d'autres industries à forte rentabilité.Parallèlement, la ville voit émerger des restaurants, centres commerciaux et casinos d'inspiration chinoise, traduisant une implantation durable. Toutefois, cette transformation suscite des tensions. Certains résidents de longue date dénoncent les modifications apportées aux propriétés historiques, parfois en contradiction avec les règles d'urbanisme, toujours selon Bloomberg.Malgré ces critiques, de nombreux spécialistes estiment que cet afflux de capitaux constitue une opportunité pour le Zimbabwe, notamment dans un contexte marqué par le retrait d'une grande partie des investissements occidentaux, fragilisés par les dettes et les épisodes passés d'hyperinflation.