Le Royaume-Uni vivrait au bord de l'apocalypse monetaire : il suffirait qu'un Donald Trump d'humeur ombrageuse coupe Visa et MasterCard, et la Grande-Bretagne se retrouverait a faire la queue pour retirer quelques billets, rapporte le Daily Mail.Le média britannique explique que plusieurs des plus grandes banques britanniques, parmi lesquels Barclays, Lloyds, NatWest et Nationwide, auraient déjà discuté d'une alternative nationale, un système de paiement « souverain » capable d'encaisser plus de 30 milliards de transactions par carte par an, soit environ 1 000 milliards de livres. Autrement dit, Londres découvre soudain qu'il est peut-être imprudent de confier l'oxygène de son commerce quotidien à deux réseaux américains.Le Daily Mail note également que le Royaume-Uni est devenu l'une des économies les moins attachées au cash. Près de 95 % des paiements par carte passent par Visa et MasterCard. Si ces réseaux étaient bloqués, les terminaux sans contact cesseraient de fonctionner dans les magasins, les restaurants, les stations-service et bien d'autres lieux encore. Les achats en ligne, les abonnements récurrents et une grande partie des services du quotidien seraient aussitôt perturbés.Le média imagine alors un scénario d'une inquiétante simplicité : une ruée vers les distributeurs, des files qui s'allongent, des billets qui s'épuisent, des commerces à l'arrêt, des PME privées de revenus, des chaînes logistiques paralysées. Même l'accès aux espèces deviendrait incertain, de nombreux distributeurs dépendant eux aussi de ces réseaux pour authentifier les cartes. Dans cette projection, il ne s'agirait plus d'un simple incident technique, mais d'une désorganisation profonde — comme si l'ensemble du système économique pouvait, du jour au lendemain, cesser de fonctionner.Le scénario n'est pas présenté comme une pure fantaisie. L'auteur rappelle qu'en 2022, sous Joe Biden, Visa et MasterCard avaient suspendu leurs opérations en Russie. Il cite aussi la panne géante de Visa en Europe, en juin 2018 : pendant quelques heures, des millions de transactions avaient échoué, laissant des clients bloqués aux caisses, dans les restaurants ou à la pompe. Le Daily Mail en tire une morale : quelques heures de chaos ont suffi à semer la pagaille, alors imaginons plusieurs jours, ou pire.La comparaison avec la Russie sert aussi d'avertissement. Après les sanctions liées au rattachement de la Crimée en 2014, Moscou avait développé son propre système, MIR, ce qui avait permis de maintenir les paiements à l'intérieur du pays. Le Royaume-Uni, lui, n'a pas d'un tel filet de sécurité. Et c'est bien ce qui semble faire trembler la finance britannique : non pas une guerre ouverte, mais un banal bouton OFF, version Maison Blanche.