L’Union africaine a rejeté le 27 mars une initiative visant à soutenir la candidature de l’ex-président sénégalais, Macky Sall, au poste de Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies. Le projet, porté par le Burundi, n’a pas obtenu le consensus requis, une vingtaine de pays s’y étant opposés.Selon une note de la Commission de l’UA, citée par RFI, au moins 20 États membres ont rejeté cette proposition, empêchant son adoption dans le cadre de la procédure d’« approbation tacite ». Parmi eux figure le Sénégal, dont les autorités ont officiellement exprimé leur refus de soutenir cette candidature.Dans un courrier adressé à l’organisation panafricaine, la mission permanente du Sénégal a précisé que le gouvernement n’avait « à aucun stade » endossé cette initiative, ni été associé à son lancement. Dakar souligne ainsi ne pas être « partie prenante » de cette démarche visant à promouvoir l’ancien chef de l’État pour succéder à António Guterres, dont le mandat arrive à échéance en fin d’année.Un rejet partagé au sein du continentOutre le Sénégal, plusieurs poids lourds du continent, dont la Tunisie, l’Afrique du Sud et le Nigeria, ont également exprimé leur opposition. Abuja a notamment invoqué le principe de rotation géographique, selon lequel le prochain Secrétaire général de l’ONU devrait provenir d’Amérique latine ou des Caraïbes.Faute de consensus, le projet n’a pas franchi le seuil requis : la procédure d’approbation tacite impose en effet qu’aucune objection significative – soit plus d’un tiers des 55 États membres – ne soit formulée.Pour les autorités sénégalaises actuelles, ce revers constitue une issue favorable. Les relations entre le pouvoir en place à Dakar et Macky Sall demeurent tendues depuis son départ. Le nouvel exécutif accuse notamment l’ancien président d’avoir alourdi la dette publique et d’être responsable de la répression de manifestations politiques entre 2021 et 2024, qui a fait plusieurs dizaines de morts.