La confrontation entre l’ancienne ministre et la députée est survenue lors de la nouvelle session de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, révélant une fois de plus les profondes divisions qui traversent les auditions parlementaires sur les questions de santé publique et de médias. Auditionnée ce jeudi dans le cadre des travaux sur l’audiovisuel public, Agnès Buzyn s’est vu reprocher par la députée insoumise Ersilia Soudais d’avoir « raconté absolument n’importe quoi pendant la période Covid » et d’avoir « menti sur le traitement des données de santé » lors d’une précédente commission sénatoriale. La parlementaire LFI, habituée aux polémiques, est allée plus loin en évoquant des contacts avec « de nombreux lobbies » et en demandant si l’ancienne ministre avait été « influencée, voire payée » pour favoriser des entreprises comme Microsoft.La réponse de Buzyn a été immédiate et cinglante : « Ça fait très longtemps que je me pose la question de porter plainte contre madame Soudais qui m’attaque depuis des années sur Twitter avec des relents d’antisémitisme ». La colère froide d'Agnès Buzyn, accusée de vénalité (sans l'ombre d'un élément tangible) par la députée LFI Ersilia Soudais, en audition de commission d'enquête sur l'audiovisuel public et la science, hier. Ersilia Soudais rappelée à l'ordre par le président. pic.twitter.com/7VOjFe6r3O— Erwan Seznec (@ErwanSeznec) March 27, 2026L’ancienne ministre, dont le rôle durant la crise sanitaire avait été très critiqué, a ajouté avoir « travaillé toute [sa] vie pour le service public » et n’avoir « jamais touché d’argent du moindre lobby ». Qualifiant les propos de son interlocutrice de « absolument diffamatoire », elle a exigé qu’ils cessent, « que ce soit ici, en commission ou sur les réseaux sociaux ».Sur X, Ersilia Soudais a répliqué en publiant une vidéo de l’échange : « Agnès Buzyn n’a rien perdu de ses talents de comédienne. En plus de m’accuser gratuitement d’antisémitisme, elle m’accuse de harcèlement alors que je n’avais jamais parlé d’elle avant de la rencontrer dans le cadre de la commission d’enquête ». Agnès Buzyn n'a rien perdu de ses talents de comédienne.En plus de m'accuser gratuitement d'antisémitisme, elle m'accuse de harcèlement alors que je n'avais j'amais parlé d'elle avant de la rencontrer dans le cadre de la commission d'enquête. pic.twitter.com/bxN6QOlCJO— Ersilia Soudais (@ErsiliaSoudais) March 26, 2026En effet, la députée mélenchoniste n’avait jamais publié de message sur l’ancienne ministre sur les réseaux sociaux.Ersilia Soudais avait par ailleurs épinglé l’ancien ministre François de Rugy sur le même thème, mais c’est l’échange avec Agnès Buzyn qui a cristallisé l’attention en raison de l’accusation d’antisémitisme. L’incident illustre la difficulté, pour la commission, de maintenir un débat serein sur l’information scientifique au sein de l’audiovisuel public, alors que les accusations personnelles, la victimisation permanente et les suspicions de conflits d’intérêts continuent de parasiter les auditions.