Le 28 août 2025, le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne ont officiellement notifié l’ONU du déclenchement du mécanisme de « snapback », visant à restaurer l’ensemble des sanctions contre l’Iran qui avaient été levées dans le cadre de l’accord sur le nucléaire signé en 2015. Cette annonce a immédiatement suscité de vives réactions de la part de la Russie et de la Chine, deux membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU.Selon le ministère russe des Affaires étrangères, il s’agit d’« une tentative flagrante de manipulation des dispositions de la résolution 2231 du Conseil de sécurité de l’ONU » de la part des pays européens. Le ministère a souligné qu’« aucune base juridique ou procédurale ne permet aux pays européens d’enclencher ce mécanisme », appelant la communauté internationale à « rejeter ces actions ».La diplomatie russe dénonce un comportement « hors du cadre légal » de la part de Londres, Paris et Berlin, les accusant de vouloir imposer leur propre interprétation du mécanisme, pourtant décrit comme « complexe et inédit ». Moscou considère que l’initiative des trois pays constitue « un facteur déstabilisant majeur » qui entrave les efforts diplomatiques pour une solution pacifique.Le soutien de la Chine et l’appel au dialogueLa Chine a également exprimé son opposition à cette démarche occidentale. Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Guo Jiakun, a déclaré que « déclencher ce mécanisme n’est pas constructif, cela va nuire au règlement politique et diplomatique de la question nucléaire iranienne ». Il a ajouté que Pékin continuerait à « adopter une position juste et objective » pour promouvoir le dialogue.Pékin rappelle que la situation autour du nucléaire iranien se trouve à un « moment critique » et met en garde contre toute escalade. Pour la Chine, les mesures du Conseil de sécurité devraient « contribuer à la reprise des négociations, et non aggraver la situation ».En réponse à cette crise, la Russie et la Chine ont conjointement soumis un projet de résolution au Conseil de sécurité. Ce texte prévoit une extension technique de six mois du régime actuel pour maintenir les conditions d’un dialogue diplomatique et empêcher le rétablissement automatique des sanctions.L’Iran soutenu par Moscou et Pékin face à l’escalade occidentaleTéhéran, appuyé par Moscou et Pékin, a qualifié l’initiative européenne de « provocation » et de « tentative injustifiée d’escalade ». L’Iran a promis d’y répondre « de manière appropriée ». Le ministère iranien des Affaires étrangères a souligné que les Européens « ont ignoré les obligations de dialogue prévues dans le Plan d’action global commun », contournant les mécanismes de médiation avant de se tourner vers l’ONU.Dmitri Polianski, ambassadeur russe adjoint à l’ONU, a dénoncé un acte « sans aucune force juridique », rappelant que les pays européens « n’ont pas respecté de bonne foi la résolution 2231 ». Le ministère russe ajoute que « les problèmes actuels ont été créés par l’Occident, pas par l’Iran », soulignant que l’accord nucléaire avait été respecté par Téhéran même après le retrait unilatéral des États-Unis.La Russie appelle solennellement les pays européens à « reconsidérer leurs décisions erronées avant qu’elles ne provoquent des conséquences irréparables et une nouvelle tragédie ». Pour Moscou, seul le retour à un dialogue équilibré, fondé sur le respect du droit international et des intérêts légitimes de Téhéran, peut prévenir une nouvelle crise.