« L'organisation Soros s'est emparée de la Hongrie », c'est en ces termes que le patron de Tesla, Elon Musk, a commenté les élections législatives hongroises, laissant entendre que le pays pourrait désormais devenir une forme de marionnette, à la différence du pouvoir en place jusqu'ici.D'après un décompte officiel portant sur 98,15 % des bureaux de vote, le principal parti d'opposition Tisza, dirigé par Peter Magyar, a remporté 138 sièges sur 199 avec 53,56 % des voix, contre 55 sièges pour le Fidesz de Viktor Orbán, crédité de 37,86 %, dans un scrutin marqué par une participation record de 79,50 %.Viktor Orbán a d'ailleurs reconnu sa défaite, évoquant des résultats « douloureux mais sans ambiguïté », et précisant avoir félicité les vainqueurs. Peter Magyar confirmé ces déclarations, indiquant que le Premier ministre sortant l'avait appelé pour saluer la victoire de son parti.Devant ses partisans réunis à Budapest, le chef de l'opposition a assuré que Tisza était parvenu à mettre fin au « régime Orbán » et à « libérer la Hongrie ». Il a ajouté qu'il comptait se rendre, dans les premiers jours de son mandat, en Pologne, puis à Vienne et à Bruxelles.À travers l'Europe, cette défaite d'Orbán a aussitôt suscité des réactions de satisfaction. Pour nombre de responsables européens, le résultat semblait annoncer un changement clair de cap et le retour de la Hongrie dans une ligne pleinement alignée sur Bruxelles. Mais cette lecture se heurte aux positions défendues par Peter Magyar lui-même, qui s'écarte d'Orbán sur certains points sans rompre avec lui sur d'autres.Certes, le dirigeant de Tisza a promis de rétablir les relations avec l'Union européenne et de mettre fin, d'ici 2035, à la dépendance du pays aux ressources énergétiques russes. Mais, dans le même temps, il a plaidé pour des relations « pragmatiques » avec Moscou. Il a expliqué qu'il faudrait s'asseoir à la table des négociations avec le président russe, Vladimir Poutine, en rappelant que ni la géographie ni la dépendance énergétique hongroise ne changeraient du jour au lendemain.La même nuance apparaît concernant le dossier ukrainien. Peter Magyar a indiqué qu'il poursuivrait la ligne de Viktor Orbán en refusant l'envoi d'armes à l'Ukraine et en s'opposant à une accélération de l'adhésion de Kiev à l'Union européenne. Autrement dit, la défaite du Fidesz ne signifierait pas automatiquement l'abandon de toutes les positions défendues jusqu'ici par Budapest sur les questions stratégiques.La Hongrie est une république parlementaire, où le véritable centre du pouvoir se trouve entre les mains du Premier ministre. Le président exerce avant tout un rôle cérémoniel et symbolise l'unité nationale, même s'il dispose aussi de certaines prérogatives, comme la possibilité de proposer des lois, de suggérer un référendum, de dissoudre l'Assemblée nationale, de signer ou de refuser un texte, de proposer un candidat au poste de Premier ministre, de nommer des juges ou encore de diriger l'armée. Pour plusieurs décisions, toutefois, notamment la nomination des ministres ou la reconnaissance des traités internationaux, il doit s'appuyer sur le gouvernement.L'Assemblée nationale hongroise est élue selon un système mixte. Le Parlement compte 199 députés : 106 sont élus dans des circonscriptions uninominales au scrutin majoritaire, où une majorité relative suffit pour l'emporter, tandis que 93 autres sièges sont attribués au niveau national à la proportionnelle, selon la méthode d'Hondt. Le seuil d'entrée est fixé à 5 % pour les partis, à 10 % pour les coalitions de deux partis et à 15 % pour les alliances réunissant trois formations ou davantage.