La DARPA vient de confier 5,2 millions de dollars à la startup Avalanche Energy pour développer une batterie à base de particules alpha. L'objectif : créer une source d'énergie compacte de quelques kilos, capable d'alimenter un ordinateur pendant des mois, destinée aux missions spatiales et militaires. Et la startup a une idée derrière la tête.5,2 millions de dollars pour une pile nucléaireAvalanche Energy, une jeune entreprise basée dans l'État de Washington, vient de décrocher un contrat de 5,2 millions de dollars auprès de la DARPA, l'agence de recherche du Pentagone. Le programme s'appelle "Rads to Watts" et il va durer 30 mois.L'idée, c'est de fabriquer des cellules solides miniaturisées capables de convertir les particules alpha émises par des radio-isotopes en électricité. On appelle ça une batterie "alphavoltaïque", un cousin éloigné des piles bêtavoltaïques qu'on trouve dans certains pacemakers.La différence, c'est que les particules alpha transportent beaucoup plus d'énergie. Avalanche ne travaille pas seule : l'équipe comprend l'Université de l'Utah, Caltech, le laboratoire national de Los Alamos et McQuaide Microsystems.Plus de 10 watts par kiloCôté performances, la DARPA vise un objectif précis : dépasser les 10 watts par kilogramme. Pour donner un ordre de grandeur, les générateurs thermoélectriques à radio-isotopes utilisés sur les rovers martiens Perseverance et Curiosity produisent environ 2,5 watts par kilo pour une masse d'à peu près 45 kilos. Les batteries bêtavoltaïques actuelles, elles, plafonnent dans la gamme des microwatts.Avec cette nouvelle technologie, quelques kilos de batterie suffiraient à alimenter un système de la taille d'un PC portable pendant des mois. Le principal défi technique est connu : les particules alpha endommagent les semi-conducteurs très rapidement, parfois en quelques heures. Avalanche travaille donc sur des puces résistantes à la dégradation, capables d'encaisser ce bombardement sur la durée.La fusion n'est jamais très loinRobin Langtry, le cofondateur d'Avalanche Energy, ne cache pas que ce contrat sert aussi un objectif plus ambitieux. L'entreprise développe en parallèle l'Orbitron, un réacteur à fusion compacte de la taille d'un bureau, prévu pour produire entre 1 et 100 kilowatts électriques.Les puces conçues pour la batterie alphavoltaïque pourront servir dans ce réacteur, puisque la fusion génère aussi des particules alpha à haute énergie. Avalanche a déjà levé 29 millions de dollars en février 2026 et obtenu un contrat de 1,25 million auprès de l'AFWERX, la branche innovation de l'armée de l'air américaine. L'entreprise a construit et testé des démonstrateurs en interne ces deux dernières années, mais personne n'a encore produit de gain net d'énergie.Le volet batterie radioactive est le plus crédible du projet. Produire 10 watts par kilo à partir de particules alpha, c'est ambitieux mais faisable avec les bons matériaux et un peu de patience. Par contre, le réacteur à fusion de bureau, on va dire que c'est un autre sujet.Les spécialistes estiment qu'un prototype fonctionnel ne verra pas le jour avant une trentaine d'années. Avalanche a le mérite de financer sa recherche fusion avec des applications concrètes à court terme, et la DARPA ne donne pas 5 millions à n'importe qui. Maintenant, entre une pile qui tient des mois et un réacteur à fusion portatif, il y a quand même un petit gap.Source :The Register