La ville de Bint Jbeil est redevenue le théâtre d’affrontements directs entre le Hezbollah et l’armée israélienne, marquant une nouvelle étape dans l’offensive terrestre menée par Israël au Liban-Sud. Pour la première fois depuis le début de l’invasion, des combats ont éclaté en plein centre urbain alors que les frappes israéliennes continuaient de pilonner la région, faisant plusieurs dizaines de morts. Cette intensification souligne l’importance stratégique et symbolique de cette localité située à quelques kilomètres de la frontière.Depuis plusieurs jours, l’armée israélienne tente d’encercler Bint Jbeil en consolidant ses positions dans les villages environnants, dans le cadre de son objectif d’établir une zone tampon d’environ huit kilomètres à l’intérieur du territoire libanais. Une bataille crucialeFace à cette pression, le Hezbollah a adapté sa stratégie. Incapable de tenir un front conventionnel, le mouvement privilégie désormais une logique de guérilla : embuscades ciblées, frappes rapides, puis repli. Cette approche vise à infliger un coût humain et matériel à l’armée israélienne tout en évitant des confrontations frontales prolongées. Certaines opérations ont permis de ralentir les avancées israéliennes, mais elles restent insuffisantes pour reprendre le contrôle des zones perdues, dont plusieurs villages ont été entièrement détruits après leur occupation israélienne.Bint Jbeil constitue toutefois une exception. Le Hezbollah y conserve une présence solide, ce qui en fait un verrou stratégique. Sa chute ouvrirait la voie à une continuité territoriale de la zone tampon israélienne, coupant la région frontalière en deux. Mais une telle conquête impliquerait une bataille urbaine coûteuse pour Israël, dans un environnement favorable aux tactiques asymétriques du Hezbollah.Parallèlement, les combats s’inscrivent dans une escalade plus large. Les tirs de roquettes du Hezbollah vers le nord d’Israël ont repris, tandis que les frappes israéliennes continuent de viser non seulement des positions militaires, mais aussi des infrastructures civiles et des équipes de secours. Le conflit prend ainsi une dimension de plus en plus destructrice, affectant profondément les populations locales.