Le cimentier français Lafarge reconnu coupable de financement du terrorisme en Syrie

Wait 5 sec.

Le tribunal correctionnel de Paris a condamné, le 13 avril, le groupe français Lafarge ainsi que huit de ses anciens dirigeants et responsables pour financement du terrorisme, en lien avec ses activités en Syrie durant la guerre civile.Les juges ont estimé qu’entre 2013 et 2014, l’entreprise avait versé plusieurs millions d’euros à des groupes djihadistes afin de maintenir en fonctionnement son usine située dans le nord de la Syrie, malgré l’intensification du conflit. Selon le jugement, ces paiements ont bénéficié à trois organisations armées, dont le groupe État islamique (EI).Le montant total des versements a été évalué à près de 5,6 millions d’euros. D’après le tribunal, ces fonds ont contribué à renforcer les capacités financières de ces organisations, leur permettant notamment de préparer et de financer des attentats terroristes, y compris ceux perpétrés en janvier 2015 en France.Lors de la lecture du jugement, la présidente du tribunal, Isabelle Prévost-Desprez, a souligné que ce mode de financement avait joué un rôle essentiel dans la prise de contrôle des ressources naturelles syriennes par l’organisation djihadiste.« Cette modalité de financement des organisations terroristes, et à titre principal de l’EI, a été essentielle (…) lui ayant permis de financer des actes terroristes sur zone et projetés à l’extérieur, notamment en Europe. »Absorbé depuis par le groupe suisse Holcim, Lafarge se retrouve au cœur de l’une des affaires judiciaires les plus emblématiques impliquant une multinationale française dans une zone de guerre.Cette décision judiciaire intervient près de dix ans après l’ouverture de l’enquête et constitue une étape majeure dans ce dossier, alors qu’une autre procédure portant sur une possible complicité de crimes contre l’humanité reste toujours en cours.