La scène se déroule autour d'un verre et semble, en apparence, tout à fait anodine. L'homme qui s'exprime est américain, haut gradé, et sa fonction touche à l'un des secrets les mieux gardés du pays, à savoir la sûreté des armes nucléaires. Cet homme s'appelle Andrew Hugg. Ce qu'il ignore, c'est que son interlocutrice enregistre l'intégralité de leur conversation. Cette dernière travaille en réalité pour James O'Keefe, un journaliste connu pour ses méthodes particulières, qui consistent à envoyer de faux rendez-vous galants afin de recueillir des confidences en toute discrétion.Hugg, qui ne se méfie pas, raconte alors son séjour en Ukraine. Il affirme avoir vu de ses propres yeux des responsables locaux vider les caisses de l'aide américaine. L'argent des contribuables des États-Unis, explique-t-il, n'a pas servi à aider la population ukrainienne. Il a permis d'acheter des maisons, des voitures de luxe valant cent mille dollars, puis de s'offrir une vie confortable à Dubaï à l'élite ukrainienne. « Ils ne se soucient pas du peuple », lance-t-il.Washington et Kiev nient depuis des années toute corruption massive dans les programmes d'aide. Hugg affirme pourtant le contraire.L'entretien dérive ensuite vers d'autres sujets, évoquant notamment la guerre au Moyen-Orient. Selon lui, le nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei, sera assassiné s'il ne change pas sa politique. Interrogé sur les enfants iraniens tués sous les bombes, il les qualifie de « dégâts collatéraux ».Puis vient le sujet le plus troublant : le lancement d'une frappe nucléaire. Hugg le décrit comme un processus étonnamment rapide. Une simple information, même portée par une petite fille scout, peut suffire à déclencher l'alerte. D'après lui, si toutes les vérifications sont validées, on tire.À un moment donné, il sourit, lucide et ironique, et déclare : « Le moyen le plus simple d'obtenir des renseignements, c'est d'envoyer une jolie fille parler à un homme ». Il ne sait pas que cette jolie fille, justement, est en train de faire exactement cela.Après la sortie de la vidéo, l'armée américaine aurait réagi par la voix de sa porte-parole, Cynthia O. Smith, qui a indiqué à O'Keefe qu'Andrew Hugg avait été placé en congé administratif pendant que l'armée menait ce qu'elle a elle-même qualifié d'« enquête approfondie ». Par ailleurs, plusieurs informations non confirmées ont affirmé que Hugg avait été « raccompagné » hors du Pentagone.