Face à une augmentation du prix du kérosène qui a doublé, ou presque, depuis le début du conflit, la compagnie low-cost du groupe Air France-KLM ne peut plus absorber seule le choc. « En raison du contexte géopolitique actuel au Moyen-Orient et de ses répercussions sur le prix du carburant d’aviation, Transavia France adapte son programme de vols et est contrainte de procéder à l’annulation de plusieurs vols prévus aux mois de mai et juin 2026 », indique la compagnie dans un communiqué.Les annulations concernent moins de 2 % du programme sur cette période. Les passagers affectés seront informés individuellement par SMS et e-mail. Ils pourront opter pour un report sans frais, souvent dans les 24 heures, un avoir ou un remboursement intégral.Transavia avait déjà répercuté une partie de la hausse sur les tarifs, avec une augmentation moyenne de 10 euros par aller-retour. Mais cela ne suffit plus. Le kérosène, qui représentait traditionnellement environ 25 % des coûts d’une compagnie, en pèse désormais 40 à 45 %, selon Pascal de Izaguirre, PDG de Corsair et président de la FNAM.Une crise qui touche tout le secteur aérienCette situation s’explique par le blocage du détroit d’Ormuz, par lequel transite habituellement près de 20 % de la production mondiale d’hydrocarbures. L’Europe, qui importe la moitié de son kérosène depuis les pays du Golfe, est particulièrement vulnérable et voit ainsi supprimées de nombreuses liaisons entre États membres. Ainsi, désormais, seule Air Baltic assure une liaison Paris-Tallinn, avec seulement 5 vols hebdomadaires vers la France, et Transavia a complètement abandonné l’ensemble des pays baltes, comme le déplore le directeur de Lithuanian Airports, Simonas Bartkus. Transavia left @TLLairport and cancelled flights from Paris-Orly. Now @airBaltic is the sole operator on the Paris-Tallinn route, operating 5x weekly to CDG. Transavia abandoned the Baltics completely (they cancelled the route from Amsterdam to Riga in 2025).— Simonas Bartkus (@simonasbartkus) April 27, 2026Le commissaire européen Dan Jorgensen a averti que l’UE « s’approchait très rapidement » d’une potentielle crise d’approvisionnement, avec le risque d’un été marqué par « des billets d’avion plus chers et des annulations ».Sur les réseaux, l’annonce a rapidement suscité des réactions. Un tweet de CNEWS relayait ainsi : « Cette décision de Transavia s’inscrit dans une crise plus large qui frappe l’aviation civile européenne. Lufthansa a supprimé 20 000 vols pour limiter les coûts, EasyJet creuse ses pertes, et certaines compagnies américaines comme Spirit Airlines montrent des signes de grande fragilité. » Meer en meer luchtvaartmaatschappijen schrappen vluchten door de gestegen olieprijzen. Gemiddeld gaat het om slechts 1 tot 4% van hun aanbod. Louter omwille van de prijzen, niet vanwege tekorten. Onder hen: Delta Air Lines, SAS, Turkish Airlines, Transavia, KLM en Lufthansa.— Luk De Wilde (@lukdewilde) April 27, 2026L’IATA, qui a mis en garde contre les pénuries de carburants dès la mi-avril, a appelé les autorités à coordonner leur action en cas de rationnement du kérosène.En France, le gouvernement indique ne pas constater de difficultés d’approvisionnement pour l’instant, mais se tient prêt à puiser dans les stocks stratégiques si nécessaire. La flambée des prix du carburant, ajoutée aux tensions géopolitiques persistantes, met en lumière la vulnérabilité d’un secteur très dépendant des importations et déjà confronté à des marges étroites, surtout chez les low-cost.Les ajustements de Transavia illustrent concrètement comment la guerre au Moyen-Orient, au-delà des aspects militaires et diplomatiques, pèse directement sur la vie quotidienne des voyageurs et sur l’économie du transport aérien.