Africa Forward : la France cherche à relancer son influence en Afrique avec un sommet à Nairobi

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À Nairobi, la France s’apprête à lancer Africa Forward, un forum censé réunir les 11 et 12 mai une vingtaine de chefs d’État et de gouvernement africains, ainsi que des institutions financières et de grands patrons. D’après Africa Intelligence, l’Élysée finalise les derniers préparatifs de cette rencontre. Plusieurs confirmations restent encore en suspens, mais Paris espère une représentation de haut niveau.Le média souligne qu’une forte représentation ouest-africaine est attendue, avec la participation annoncée de plusieurs dirigeants de la CEDEAO, dont Alassane Ouattara, Bassirou Diomaye Faye et Bola Ahmed Tinubu. D’autres dirigeants d’Afrique australe, orientale et centrale doivent également être présents, afin de donner à l’événement une portée continentale.Mais la liste des invités révèle une sélection politique nette. Africa Intelligence indique que Paul Kagame devrait être présent, tandis que Félix Tshisekedi n’a pas encore confirmé sa venue et pourrait se faire représenter par un ministre. Le média précise que les pays de l’Alliance des États du Sahel — le Burkina Faso, le Mali et le Niger — ont été écartés. À l’inverse, une invitation a été adressée au dirigeant malgache Michaël Randrianirina. En clair, Paris ne cherche pas à réunir toute l’Afrique, mais surtout des interlocuteurs avec lesquels elle pense encore pouvoir conserver une influence.Un volet affaires pour appuyer l’opérationAfrica Forward ne doit pas se limiter à une séquence diplomatique. Près de 1 500 dirigeants du secteur privé sont attendus. Le sommet doit réunir responsables politiques, bailleurs publics, institutions financières et grands groupes autour de l’investissement, de la formation et de l’emploi des jeunes en Afrique.La Banque africaine de développement, Bpifrance, Business France, Proparco, la Caisse des dépôts et consignations doivent participer aux échanges. Toujours selon Africa Intelligence, l’objectif est de travailler sur de nouveaux mécanismes de financement et des outils de garantie pour soutenir l’investissement privé.Le média cite plusieurs figures du patronat africain, dont Aliko Dangote, Abdulsamad Rabiu, Jeremy Awori, James Mwangi et Mohammed Dewji. Côté français, Patrick Pouyanné et Rodolphe Saadé figurent parmi les noms attendus. Ce volet doit permettre à Paris d’habiller son initiative d’une dimension économique et de montrer qu’elle dispose encore de relais dans les milieux d’affaires africains.Un forum pensé comme outil d’influenceLe programme annoncé dépasse le cadre strictement diplomatique. Un temps doit notamment être consacré au nucléaire, dans un contexte où le Kenya cherche à développer cette source d’énergie et a déjà signé un protocole d’accord avec EDF en 2025.À travers ce format, Paris cherche à installer à Nairobi un grand forum politique, économique et médiatique pour remettre en scène sa présence sur le continent africain. Africa Forward s’inscrit dans une logique de sommet d’influence réunissant chefs d’État, institutions et milieux d’affaires dans un même espace. La formule montre surtout la volonté française de réorganiser ses réseaux politiques et économiques en Afrique autour d’une grande séquence de visibilité.