Un rapport du Centre régional d’information pour l’Europe occidentale, affilié à l’ONU, a indiqué le 22 avril que la République démocratique du Congo comptait désormais 6,47 millions de personnes déplacées sur une population totale de 113 millions d’habitants. De ce fait, le pays occupe le 5ᵉ rang mondial en nombre de personnes déplacées juste après le Soudan, la Syrie, l’Afghanistan et l’Ukraine.En cause, la recrudescence de la crise humanitaire engendrée par les conflits armés qui sévissent dans l’est du pays. Dans le détail, dans la période allant de janvier à février 2025, durant laquelle des offensives violentes du mouvement rebelle M23 dans les zones de Goma, Bukavu, Masisi, Sake et Minova ont contraint plus de 700 000 personnes au déplacement, selon des experts des droits de l’homme de l’ONU et des agences humanitaires. Cette situation s’est encore répétée en décembre 2025, suite à une offensive des rebelles au Sud-Kivu, causant la fuite de plus de 500 000 personnes, selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA).Six millions de morts dans l’un des conflits les plus longs et les plus meurtriersL’est de la RDC est une région très riche en métaux rares, disposant des plus grandes réserves mondiales de coltan, un minerai stratégique principalement utilisé pour produire du tantale, indispensable pour l’industrie technologique, aéronautique, de défense, etc. Or, cette même région est ravagée par les guerres depuis 30 ans. L’ONU y a recensé 122 groupes rebelles armés « et dans certains cas, des armées d’invasion », affirme le rapport. « Depuis 1996, les deux guerres du Congo et l’état de conflit permanent dans les deux Kivu auraient fait plus de six millions de morts », estiment des rapports onusiens. Ce bilan en fait l’un des conflits les plus meurtriers depuis la Seconde Guerre mondiale.Neuf millions de personnes déplacées d’ici fin 2026Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) estime qu’en cas de poursuite du conflit au rythme actuel, le nombre de déplacés pourrait atteindre les neuf millions d’ici fin 2026. Pour sa part, le Programme alimentaire mondial (PAM) estime qu'« un Congolais sur quatre – soit 26,6 millions de personnes – ne peut satisfaire ses besoins alimentaires de base », cite le rapport.Autre donnée alarmante communiquée par l’organe onusien : quatre femmes meurent en couches ou de complications liées à la grossesse chaque heure, dans un pays qui compte l’un des taux de mortalité infantile les plus élevés au monde.À cette situation s’ajoutent encore les chocs climatiques (inondations meurtrières de 2024) et épidémiques (le choléra qui sévit dans le pays depuis plusieurs années) qui coûtent la vie à de nombreux Congolais chaque année à cause notamment de l’insuffisance des infrastructures et de la difficulté d’accès aux soins et aux vaccins.1,4 milliard de dollars d’aide humanitaire nécessaire pour 2026Pour répondre aux besoins les plus urgents de 2026, le gouvernement de la RDC a demandé un montant de 1,4 milliard de dollars d’aide humanitaire aux Nations unies, et ce, afin de répondre aux besoins les plus urgents des 7,3 millions de personnes les plus vulnérables sur un total de 14,9 millions qui ont besoin d’aide. L’ONU déplore un manque de fonds pour répondre aux besoins d’un nombre grandissant de personnes en détresse.