Autriche : quarante ans après Tchernobyl, des traces radioactives persistent dans les sols et l’alimentation

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Quarante ans après la catastrophe de Tchernobyl, l’Autriche détecte encore des traces de pollution radioactive, surtout dans les sols forestiers et dans certains aliments comme les champignons, le gibier et, plus marginalement, le lait cru. Le média public autrichien ORF explique que cette contamination reste liée à la présence de césium-137, une substance radioactive issue des retombées de l’accident.ORF précise que le nuage radioactif a atteint l’Autriche trois jours après l’explosion du réacteur n° 4 de la centrale de Tchernobyl, alors en Union soviétique. Le 30 avril 1986, au moment où la contamination de l’air était à son plus haut niveau, de fortes pluies se sont abattues sur plusieurs régions du pays, entraînant la retombée de substances radioactives dans les sols.Le média cite Christian Katzlberger, expert de l’agence autrichienne AGES, selon qui les sols forestiers restent plus exposés que les terres agricoles. Dans les champs, le césium se fixe en effet aux minéraux argileux et devient beaucoup moins disponible pour les plantes, ce qui limite son transfert vers l’alimentation.Des traces relevées dans les champignons, le gibier et le lait cruLes analyses les plus récentes le confirment. Entre avril 2021 et avril 2026, 601 échantillons alimentaires ont été analysés en Haute-Autriche. Des traces de césium-137 ont été retrouvées dans plusieurs produits, notamment les fruits, les légumes, les céréales et surtout les champignons. Les niveaux les plus élevés ont été mesurés dans la viande de gibier, avec jusqu’à 238 becquerels par kilogramme, contre environ 0,5 becquerel par kilogramme dans le lait cru.Plusieurs médias ayant repris l’information insistent sur un point précis : deux échantillons de lait cru auraient dépassé la limite autorisée par les normes européennes pour ce produit. Les champignons forestiers et les animaux sauvages restent parmi les plus exposés à cette contamination, car ils dépendent d’écosystèmes où le césium reste actif plus longtemps que dans les zones agricoles.Les autorités appellent à éviter toute paniqueDes experts autrichiens nuancent toutefois ce tableau. Près d’un millier d’échantillons alimentaires sont contrôlés chaque année et, selon ORF, les valeurs sont revenues à des niveaux comparables à ceux observés avant la catastrophe. Pour les champignons comestibles les plus courants, les niveaux moyens relevés restent le plus souvent nettement inférieurs à la limite de 600 becquerels par kilogramme, même si certains prélèvements effectués dans des zones déjà connues pour leur forte contamination peuvent encore dépasser ce seuil.Sur le plan sanitaire, les autorités autrichiennes appellent donc à ne pas céder à la panique. Des spécialistes de la radioprotection affirment qu’une consommation occasionnelle de produits présentant des niveaux plus élevés de radioactivité, comme certains champignons sauvages ou du gibier, ne constitue pas en soi un problème majeur, à condition que le reste de l’alimentation soit sain.De son côté, ORF rapporte que, même dans les cas les plus sensibles, les doses reçues restent limitées dans le cadre d’une consommation habituelle. Quarante ans après Tchernobyl, l’Autriche continue donc de mesurer des traces de contamination, principalement dans certaines zones, certains types de sols et quelques produits bien identifiés.