Alors que les bombes pleuvaient sur Téhéran, orchestrées par Washington et Tel Aviv, des spéculateurs anonymes ont transformé cette escalade violente en source de profits indécents.Sur Polymarket, interdite en France, les paris sur les frappes et même sur la mort du Guide suprême Ali Khamenei ont généré des centaines de millions de dollars, révélant un marché où la géopolitique sanglante devient un jeu d’argent, deux mois après une polémique analogue sur le Venezuela. JUST IN: 🇮🇷 🇺🇸 Six suspected insiders made $1.2M betting on a US strike on IranMost of these wallets:• were funded in the last 24h• specifically bet for February 28• bought "yes" hours before the strike pic.twitter.com/n3G6OIEOXt— Bubblemaps (@bubblemaps) February 28, 2026Des profits sur le dos de la souffranceLa société d’analyse on-chain Bubblemaps a identifié six comptes suspects sur Polymarket, ayant réalisé un bénéfice net de 1,2 million de dollars en pariant sur une frappe américaine avant le 28 février 2026. Ces portefeuilles, fraîchement créés et financés dans les 24 heures précédant l’attaque, ont misé massivement sur l’option « oui » quelques heures avant les raids israélo-américains.Un utilisateur, sous le pseudonyme « Magamyman », a transformé environ 87 000 dollars en plus de 515 000 dollars en une seule journée, sa première transaction intervenant 71 minutes avant l’annonce publique.Cette synchronisation chirurgicale alimente les accusations d’« insider trading », où des initiés, potentiellement liés à des cercles informés du pouvoir américain, monétisent des informations classifiées sur des opérations militaires qui sèment la mort et la destruction en Iran.C’est presque unanimement que le phénomène est condamné sur les réseaux sociaux, de nombreux comptes dénonçant « la guerre [qui] devient un pari », soulignant par ailleurs le risque de délit d’initié.En effet, des voix soulignent que Donald Trump Jr. est au conseil consultatif de Polymarket, favorisant potentiellement une élite qui tire profit de conflits qu’elle pourrait elle-même alimenter. Six suspicious wallets reportedly earned $1.2 million on Polymarket by betting on a US attack on Iran by 28 February — and then it happened. When war becomes a wager, democracy is degraded. If advance knowledge was involved, this would resemble insider trading at the most… pic.twitter.com/aVdF4gI8JS— European Democrats (@democrats_eu) March 1, 2026Au-delà des frappes, des paris sur l’éviction, ou la mort, du Guide suprême ont embarrassé les opérateurs. Kalshi a remboursé les mises pour éviter de récompenser les spéculations sur des assassinats, tandis que Polymarket débat encore de la résolution.Des élus démocrates américains, comme le sénateur Chris Murphy, ont appelé à interdire ces « marchés prédictifs corrompus et déstabilisateurs », arguant qu’ils encouragent la destruction et la mort pour des enjeux financiers.Dans ce contexte, où les tensions au Moyen-Orient font grimper les prix du pétrole et menacent la stabilité mondiale, ces pratiques révèlent une face sombre de la finance décentralisée : transformer l’agression impérialiste en spectacle rentable, au détriment des peuples opprimés.