Scandale d’État : la Cour des comptes fustige le soutien à la centrale de Gardanne

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C’est un véritable scandale énergétique qui pourrait éclater après la mise en lumière par la Cour des comptes d’aides substantielles versées par l’État à GazelEnergie pour transformer l’ancienne centrale à charbon de Gardanne dans les Bouches-du-Rhône en unité biomasse, avec un coût potentiel bien supérieur aux 800 millions initialement prévus.La Cour évoque un bilan carbone discutable et un impact écologique contesté, notamment dû à l’importation de bois du Brésil dans un contexte d’affaiblissement chronique du nucléaire français. La crise #énergétique de 2021-2022 a reporté la fermeture des centrales à #charbon à 2027.La Cour invite l’État à clarifier le rôle du parc thermique dans la sécurisation de l’approvisionnement électrique à moyen terme.🔗 https://t.co/MI9MaEaqOUpic.twitter.com/L9j9r0nwRq— Cour des comptes (@Courdescomptes) February 26, 2026Un report de la sortie du charbon qui interrogeInitialement prévue pour 2022 par le Plan Climat de 2017 et la loi Énergie-Climat de 2019, la fermeture des centrales à charbon en France a été repoussée à 2027, soit un décalage de cinq ans qualifié de « surprenant » par la Cour. Ce retard s’explique par la crise énergétique de 2021-2022, qui a conduit à un rebond temporaire de la production charbonnière.Parmi les quatre sites examinés, Le Havre (arrêté en 2021), Cordemais (encore en service), Saint-Avold et Gardanne, c’est ce dernier qui cristallise les critiques. La Cour note que le modèle économique des conversions bas carbone est structurellement déficitaire, avec des coûts élevés et une rentabilité incertaine, même avec les revenus du mécanisme de capacité.Pour Gardanne, le tarif d’achat de l’électricité biomasse s’élève à 260,13 €/MWh, bien au-dessus des normes, et repose sur 545 000 tonnes de biomasse annuelle, dont 150 000 importées.Les associations environnementales montent au créneau. Luc Le Mouel, de l’Association de lutte contre les nuisances et la pollution (ALNP), déclare : « Nous considérons que c’est un scandale d’État. Pour quelles raisons donner 800 millions pour une centrale qui va fonctionner six mois par an ? » Jean-Luc Debard, de la Convergence Écologique du Pays de Gardanne (CEPG), ajoute : « C’est une aberration complète au niveau écologique et financier. »Du côté de l’exploitant, Camille Jaffrelo, porte-parole de GazelEnergie, réfute : « C’est avant tout une réalité territoriale et sociale », insistant sur les emplois préservés après les plans sociaux successifs.La Cour appelle l’État à clarifier sa stratégie sur le parc thermique, prévoyant un besoin de 2 à 5 GW supplémentaires d’ici 2030 pour la sécurité d’approvisionnement, tout en abandonnant les soutiens injustifiés.