Sanctions américaines contre l’armée rwandaise : Kinshasa salue la décision, Kigali les juge «unilatérales»

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Le Trésor des États-Unis a décidé, le 2 mars, d’imposer des sanctions à l’encontre de la Force de défense du Rwanda (FDR) (l’armée rwandaise) et de quatre de ses hauts responsables, accusés de soutenir activement le Mouvement du 23 mars (M23), de le former et de se battre à ses côtés dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).Le département américain a également accusé la FDR d’avoir soutenu les rebelles dans leur conquête de territoires dans l’est de la RDC, notamment les capitales provinciales de Goma et Bukavu, ainsi que des sites miniers stratégiques, qui n’auraient pas été conquis sans le soutien actif et la complicité de la FDR et de hauts responsables clés.Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a exigé le « retrait immédiat » des troupes et équipements rwandais. Le département américain a également pointé les violations des accords de Washington commises par le M23, bénéficiant d’un « fort soutien continu » de la FDR, qui a pris le contrôle d’Uvira, ville stratégique située à la frontière entre la RDC et le Burundi. L’offensive militaire aurait coûté la vie à des civils et contraint des milliers d’habitants à fuir leurs habitations.Les sanctions concernent le chef d’état-major de l’armée de terre de la FDR, Vincent Nyakarundi ; le général de division et commandant de la 5ᵉ division d’infanterie, Ruki Karusisi ; le chef d’état-major des armées, Mubarakh Muganga ; et le commandant des forces spéciales, Stanislas Gashugi.Sanctions saluées par la RDCLe gouvernement congolais a salué, le 2 mars, la décision du département du Trésor américain, par voie de communiqué du ministère congolais de la Communication et Médias, affirmant que ces sanctions constituent « un signal clair en faveur du respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale » de la RDC.Kinshasa a souligné qu’elles confirment « la nécessité d’une cohérence entre les engagements diplomatiques et les réalités opérationnelles sur le terrain », estimant que la stabilisation durable de l’est de la RDC et de la région des Grands Lacs « passe par la cessation de tout appui aux groupes armés ».Kigali dénonce des sanctions « injustes »Le gouvernement rwandais a, de son côté, dénoncé des sanctions qualifiées d’« unilatérales » qui « déforment les faits » et ciblent injustement « une seule partie » au processus de paix.Kigali accuse Kinshasa d’avoir violé le cessez-le-feu par des « attaques de drones constantes et indiscriminées » ainsi que par des offensives terrestres ayant causé « de nombreuses vies ».Le Rwanda a également évoqué la présence de « mercenaires étrangers », des milices « Wazalendo » et des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), qualifiées de « milice génocidaire », estimant que la RDC n’a pris « aucune mesure » pour mettre fin de manière « irréversible et vérifiable » à tout soutien aux FDLR.