Répercussions économiques de la guerre en Iran, l'Italie se mobilise

Wait 5 sec.

AGI - L’intensification des opérations militaires au Moyen-Orient pousse le système industriel italien et les autorités publiques à activer des instruments exceptionnels de suivi et de soutien aux entreprises, tandis que les marchés de l’énergie enregistrent leurs premières tensions et que s’installe la crainte d’un choc durable sur les prix, la logistique et le commerce international.À Milan, l’organisation patronale Assolombarda a annoncé l’ouverture d’un "desk" en ligne destiné à accompagner les entreprises dans une phase qualifiée d’ "incertitude croissante". Opérationnelle dès aujourd’hui, cette cellule vise à fournir des mises à jour régulières sur l’évolution géopolitique et un appui concret sur les principaux facteurs de risque :sécurité des personnels et déplacements internationaux, hausse des coûts de l’énergie et des matières premières, perturbations logistiques et retards dans les chaînes d’approvisionnement, gestion des contrats d’exportation, conformité réglementaire et couvertures d’assurance contre le risque géopolitique. "L’escalade au Moyen-Orient nous préoccupe pour ses conséquences humaines dramatiques et pour ses répercussions économiques inévitables", a déclaré le président d’Assolombarda, Alvise Biffi. Le "quadrilatère" industriel de la Lombardie – Milan, Monza-Brianza, Pavie et Lodi – entretient des relations commerciales consolidées avec les pays du Golfe. Les échanges atteignent 3,7 milliards d’euros par an, un montant qui s’élève à 5,1 milliards si l’on inclut l’ensemble des États aujourd’hui impliqués ou touchés par les attaques.Au cœur des inquiétudes figure un scénario jusqu’ici inédit: la fermeture éventuelle du détroit d’Ormuz. Par ce passage stratégique transite environ 20% du pétrole mondial et plus de 30% du commerce global de gaz naturel liquéfié. Un blocage, même partiel, pourrait déclencher un choc énergétique aux effets immédiats sur les prix du Brent, du gaz et sur les coûts d’assurance du transport maritime.   Sur le plan institutionnel, le ministre des Affaires étrangères, Antonio Tajani, et le ministre de l’Environnement et de la Sécurité énergétique, Gilberto Pichetto Fratin, ont réuni représentants des filières et entreprises pour une première évaluation des effets de la guerre en Iran sur les marchés pétroliers et financiers. Selon M. Pichetto Fratin, le marché du gaz a déjà enregistré une hausse de 25%, tandis que les services techniques du ministère analysent les répercussions possibles sur les marchés italien et européen. M. Tajani a indiqué que l’Italie travaillait en étroite coordination avec ses partenaires européens et internationaux afin de limiter les conséquences d’un éventuel blocage prolongé des flux commerciaux: un sujet abordé lors de réunions extraordinaires du G7 et du Conseil des affaires étrangères de l’Union européenne. Il a rappelé la contribution italienne aux missions navales européennes Aspides et Atalanta, chargées de garantir la liberté de navigation en mer Rouge, dans le golfe d’Aden et dans les corridors maritimes de la région.Le ministre de la Défense, Guido Crosetto, a pour sa part souligné que la crise dans le Golfe constituait "un nouvel élément de criticité majeur" pour l’approvisionnement énergétique mondial. Les marchés ont déjà réagi par une augmentation significative des cours du brut et par une hausse des primes d’assurance pour le transport maritime, parfois comprise entre 30% et 50%, avec un risque de pressions inflationnistes sur l’industrie et la logistique européennes. Au-delà de l’urgence énergétique, le gouvernement surveille également le front commercial mondial. Antonio Tajani a rappelé les effets attendus de l’application provisoire de l’accord entre l’Union européenne et le Mercosur, qui prévoit la suppression de droits de douane sur de nombreux produits européens, générant des économies estimées à plus de 4 milliards d’euros par an pour les exportateurs de l’Union.