La société KoBold Metals a annoncé, le 13 avril, le lancement d’une campagne d’exploration de lithium en République démocratique du Congo (RDC), avec un engagement financier de plus de 50 millions de dollars d’ici le début de l’année 2027. Soutenue par plusieurs investisseurs américains de premier plan, dont Jeff Bezos et Bill Gates, l’entreprise renforce ainsi la présence des États-Unis dans la course mondiale aux minerais stratégiques.Le programme couvre 13 permis d’exploration et prévoit des relevés aériens sur près de 30 000 km², ainsi qu’une vaste campagne de forage et d’analyses géochimiques. Le lithium constitue la cible principale de cette opération, concentrée notamment dans la région de Manono, dans la province du Tanganyika, considérée comme l’un des gisements de pegmatites au lithium les plus prometteurs au monde.Selon le directeur général de KoBold, Kurt House, l’entreprise a déjà versé plus de 20 millions de dollars au Trésor congolais, ce qui en ferait le plus important nouvel investisseur dans l’exploration minière du pays ces dernières années. Il a affirmé que KoBold est désormais « le plus grand investisseur américain » en RDC.Le projet de Manono reste toutefois au cœur de plusieurs tensions juridiques. Le groupe australien AVZ Minerals conteste en arbitrage international les droits accordés par Kinshasa à KoBold, estimant que l’accord signé l’an dernier viole des engagements antérieurs. Parallèlement, le groupe chinois Zijin prévoit de lancer dès juin la première production de lithium du pays dans la même zone.Pour accélérer l’exploration, KoBold mise sur ses technologies d’intelligence artificielle, des capteurs aériens propriétaires et un laboratoire mobile, dans l’objectif d’identifier plus rapidement les zones à fort potentiel minier.