« C’est une mauvaise blague », a fustigé auprès de The Telegraph le secrétaire d'État fantôme à la Justice, Robert Jenrick. Au Royaume-Uni, le versement par l’État britannique d’indemnités financières à Fuad Awale, un double assassin, pour sa mise à l’isolement en prison après plusieurs agressions d’agents pénitentiaires, fait grand bruit. Une compensation financière, ordonnée par la Haute Cour de justice, qui s’élève à 7 500 livres de dommages et intérêts auxquels s’ajoutent… 234 000 livres de frais de justice.Le secrétaire d'État à la Justice David Lammy « aurait pu faire appel de cette décision judiciaire, mais il ne l’a pas fait [...] Il s’est soumis à l’un des terroristes les plus méprisables de Grande-Bretagne et lui a versé une somme colossale », a accusé le 1er janvier sur X Robert Jenrick. « Il a fait passer la Cour européenne des droits de l’homme avant les intérêts du peuple britannique », a insisté cet élu du Parti conservateur.C’est sur la base de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH), prévoyant que toute personne a droit au respect « de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance », que Fuad Awale avait saisi la justice britannique. Celui-ci a été mis à l’isolement à la prison de haute sécurité HMP Woodhill, à Milton Keynes, où il avait été transféré après avoir frappé au visage un gardien de prison en 2021.Prise d'otage en prisonUne agression en milieu carcéral qui n’était pas la première. En 2013, dans la foulée de son incarcération pour un double meurtre commis une ruelle de Milton Keynes, dans le nord de Londres, sur fond de trafic de drogue, Fuad Awale avait pris en otage un agent pénitentiaire afin d’exiger la libération du prédicateur islamiste Abou Qatada, considéré comme le chef spirituel d’al-Qaida en Europe, et celle de Roshonara Choudhry, une sympathisante d’al-Qaïda qui avait poignardé en 2010 le député travailliste Stephen Timms. Cette prise d’otage – accompagnée de menaces de mort – avait valu à Fuad Awale une condamnation à six ans de prison supplémentaires.Selon The Telegraph, soulignant que le prisonnier n’aurait pas fréquenté d’autres détenus depuis mars 2023, ses avocats ont fait valoir que les raisons de cette mise à l’écart étaient « opaques » et que les responsables de la prison n'auraient pas régulièrement examiné ses conditions d'isolement. Un isolement des autres détenus qui aurait provoqué une « lourde dépression » chez leur client. « Awale a également fait valoir que le ministère de la Justice n'avait pas tenu compte du nombre élevé de détenus racistes et islamophobes » dans le centre pénitentiaire où il était incarcéré, peut-on encore lire.Toujours selon le quotidien britannique, David Lammy, dans sa lettre adressée à Robert Jenrick où il l’informe du montant total à débourser dans cette affaire, a déclaré que le ministère de la Justice avait contesté le montant des dommages et intérêts à verser à Fuad Awale « comme c’était le cas pour « tous les litiges intentés par des prisonniers condamnés pour des infractions terroristes ».