L’armée syrienne a pilonné, dans la journée du 7 février, à l’artillerie lourde, les quartiers kurdes de Cheikh Maqsoud et d’Achrafieh, dans la ville d’Alep, au terme du délai fixé pour l’évacuation des civils.Les autorités avaient annoncé que ces zones seraient considérées comme une « zone militaire » à partir de 15 heures, ouvrant au préalable deux couloirs humanitaires. Des milliers d’habitants ont fui avant l’échéance, dans des scènes rappelant les heures les plus sombres de la guerre civile.Ces bombardements interviennent après des affrontements armés ayant éclaté le 6 janvier entre les forces gouvernementales syriennes, qui contrôlent Alep, et des combattants kurdes retranchés dans ces quartiers.Vers une intégration des Kurdes par la force ?Neuf personnes ont été tuées dans ces combats, les plus violents depuis l’échec de la mise en œuvre de l’accord signé en mars 2025, censé intégrer les institutions de l’administration autonome kurde au sein du nouvel État syrien. Sur le terrain, des familles entières, chargées de sacs, tentaient de trouver refuge.Les autorités syriennes avaient averti que toutes les positions des Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes, seraient considérées comme des cibles légitimes après l’expiration du délai. Une responsable kurde de premier plan, Elham Ahmed, a dénoncé une « guerre génocidaire » et appelé à une résolution par le dialogue. Face à l’escalade, les autorités ont suspendu les vols de l’aéroport d’Alep et fermé écoles et administrations.Les souvenirs de la guerre civile, qui a ravagé Alep, sont encore vifs. Les forces kurdes affirment avoir repoussé une tentative d’infiltration de l’armée syrienne, tandis que Damas accuse les Kurdes de tirs contre des zones gouvernementales, ce que ces derniers démentent. Les négociations politiques restent au point mort, sur fond de méfiance persistante entre les deux camps.