France : des agriculteurs en colère investissent l’Arc de Triomphe et la tour Eiffel

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Des phares allumés dans la nuit parisienne, des silhouettes de tracteurs se détachant au pied de la tour Eiffel : très tôt ce 8 janvier, des dizaines d’agriculteurs en colère ont fait une entrée remarquée dans Paris. Leur mobilisation vise principalement l’accord de libre-échange du Mercosur, jugé défavorable à l’agriculture française, ainsi que la réponse de l’État face à la DNC.À l’initiative de la FRSEA Île-de-France et des Jeunes Agriculteurs (JA) de la région, une action coup de poing était prévue place de l’Étoile dès 6h30. Les manifestants ont effectué deux tours du rond-point en voiture – sans tracteurs – avant d'y déposer une gerbe de fleurs. La Coordination rurale (CR) était également présente à proximité de l’Arc de Triomphe.Circulation perturbée à ParisLa mobilisation a rapidement eu des conséquences sur la circulation. Selon Sytadin, l’outil de surveillance du trafic en temps réel en Île-de-France, l’autoroute A13 a été coupée dans les deux sens dès 5h50 environ, entre Saint-Cloud et le boulevard périphérique (porte d’Auteuil), pour une « durée indéterminée ». Les autorités ont recommandé d’éviter l’A13 en direction de Paris depuis Rocquencourt et de privilégier un itinéraire de contournement.Interrogés sur BFMTV, des représentants de la Coordination rurale ont raconté un périple parfois entamé plusieurs jours auparavant pour rejoindre la capitale. « On a été arrêtés de nombreuses fois par les gendarmes. Nous avons cinq tracteurs dans notre convoi, aujourd’hui on a 22 PV », a dénoncé Stéphane Pelletier, vice-président de la CR de la Vienne. Après « deux jours de conduite de nuit », le fait de stationner les tracteurs devant la tour Eiffel représente selon lui, « une satisfaction, à défaut d’avoir des avancées pour notre métier ».Cette mobilisation fait suite à l’appel lancé par le président de la Coordination rurale Bertrand Venteau, après sa rencontre avec le ministre des Armées Sébastien Lecornu le 5 janvier. Il avait alors exhorté ses adhérents à « monter à Paris » de manière « pacifique » afin de porter les revendications du monde agricole au plus haut niveau de l’État.